Un «pauvre idiot». Ce sont par ces mots que l’ancien directeur de la banque Milleis s’est qualifié, ce mardi, au premier jour du procès du braquage qui s’est déroulé sur les Champs-Élysées en janvier 2019. Face aux magistrats du tribunal de Paris, il se définit même comme un «imbécile, victime de sa propre connerie». Au contraire, Alexandre A., qui a avoué être un des braqueurs, a dressé un portrait complètement différent de l’ancien banquier.

Comme le rapporte Le Parisien, il le qualifie de «directeur escroc», de «voyou» plein «d’assurance», qui lui aurait apporté l’affaire sur un plateau. Cinq individus comparaissent jusqu’à jeudi, mais seulement trois sont présents car l’un est en cavale et l’autre n’a pas pu se présenter pour des raisons de santé. La particularité de ce braquage, au-delà du montant de plusieurs dizaines de millions d’euros mais dont le butin n’a pas été retrouvé, c’est le rôle joué par le directeur de la banque.

Musclor assure que c’est le directeur de la banque qui est à l’origine du braquage

«J’ai collaboré avec ces voyous pour faire ce braquage», assure l’homme de 52 ans. À l’époque, alors qu’il est sur la sellette pour des raisons économiques. «À la recherche d’argent», il noue le contact avec Hicham E. et Alexandre A. «Déjà comment, quand on a la vie de monsieur tout le monde, on en vient à fréquenter des gens en lien avec le grand banditisme ? Comment bascule-t-on sur un braquage ?», s’interroge la présidente, qui lui demande pourquoi il n’a pas octroyé de prêt.

Quant à Musclor, le surnom du braqueur, il martèle que c’est le directeur de la banque «qui amène l’information». «Je voulais un crédit. Il m’a dit qu’il ne pouvait pas me l’octroyer mais qu’il avait une solution pour moi», explique le quadragénaire. Il faudrait juste «simuler une agression» sur Kamal J, ajoute-t-il. Musclor assure que le directeur était plein d’assurance au moment des faits et qu’il joue désormais le rôle de victime. «En somme, c’est un braquage où personne ne voulait vraiment aller», conclut ironiquement la présidente.