Eric Freymond n’est plus. Le banquier et mécène âgé de 67 ans s’est suicidé mercredi 23 juillet près de son chalet de Saanen, situé dans le canton de Berne (Suisse). L’homme d’affaires et collectionneur d’art suisse était notamment connu dans le monde de la finance française et helvétique, rapporte Le Point. «Eric Freymond était d'une rare sensibilité, il a été brisé par la violence du soupçon, de la trahison et de la dureté d'un monde sans indulgence», ont fait savoir ses avocats français François Zimeray et Jessica Finelle qui évoquent tous deux «une épreuve bouleversante».

Depuis plusieurs années, l’homme d’affaires se trouvait au cœur d’une affaire retentissante. Son ancien client, Nicolas Puech, qui n’est autre que le petit-fils d’Emile-Maurice Hermès et plus gros héritier individuel de la famille, l’accusait en effet d’avoir fait disparaître ses actions. Aujourd’hui âgé de 82 ans, l’héritier de la maison de luxe se dit en effet ruiné et affirme que les six millions d’actions qu’il détenait au sein d’Hermès ont disparu après qu’Eric Freymond les lui a dérobées.

La «fraude du siècle»

Comme le rappelle La Tribune de Genève, dans les années 2000, Nicolas Puech et Eric Freymond avaient passé un pacte secret. Le Genevois avait ainsi vendu des actions de la maison Hermès qu’il avait récoltées auprès des héritiers de la famille du groupe concurrent à LVMH grâce à plusieurs comptes suisses que le petit-fils d’Emile-Maurice Hermès possède. Une fois l’opération révélée, les deux hommes avaient finalement affirmé que Nicolas Puech avait conservé ses propres actions au sein du groupe, à savoir environ 6 % du capital.

Sauf que voilà, depuis presque deux ans, l’octogénaire affirme que l’ensemble de ses titres s'est volatilisé, prenant ainsi Eric Freymond pour responsable. Évoquant la «fraude du siècle» - le montant des actions volatilisées avoisinerait les 14 milliards d’euros -, Nicolas Puech a depuis déposé plusieurs plaintes en Suisse contre son ancien proche, dont une à Paris en 2025. Contestant sans discontinuer ces accusations et innocenté par la justice genevoise, Eric Freymond a «toujours affirmé qu’il ne gérait qu’une petite partie de la fortune de Nicolas Puech et n’avait pas de pouvoir sur ses actions Hermès», rapporte encore La Tribune de Genève. Alors que la procédure parisienne est toujours en cours, le suicide du banquier marque désormais «un énorme coup de théâtre dans cette affaire» avec une question qui reste toujours en suspens : où sont passées les milliards d’euros d’actions Hermès ?