
Avec plus de 74% des voix parmi les 120 000 adhérents aux Républicains (LR), Bruno Retailleau a été élu à la tête du parti dimanche 18 mai. Le ministre de l’Intérieur au sein du gouvernement de François Bayrou a dit vouloir «rassembler» sa «famille politique» autour d’une «ligne claire», au cours de son discours de victoire au siège LR. «Vous avez démontré que la droite est bien vivante et débout», a-t-il lancé, affirmant que Les Républicains étaient désormais «à même (...) de porter (leur) projet pour la présidentielle» en 2027.
Côté programme, si on connaît Bruno Retailleau pour ses sorties régulières sur la sécurité ou encore l’immigration, il se fait plus discret sur la ligne économique. L’ex-bras droit de François Fillon, dont il est resté un intime, a partagé pendant un temps la majorité de ses positions en matière économique avec son concurrent à la présidence des Républicains, Laurent Wauquiez.
Créer une «allocation unique» d’un montant de 70% du Smic
À l’été 2024, les deux hommes, à l’époque respectivement patron des Républicains au Sénat et président du groupe La Droite républicaine à l’Assemblée, ont présenté leur «pacte législatif d’urgence». Alors que la France n’a pas encore de nouveau Premier ministre, les deux ténors de la droite proposent un ensemble de 13 textes législatifs. Sur le volet économique, Bruno Retailleau et son collègue ont insisté sur «la France qui travaille» souhaitant notamment «élargir tout ce qui est défiscalisation».
Autres mots-clés du pacte : la «relocalisation de la production», la lutte contre «l’assistanat» ou encore la mise en place d’une «allocation unique autour de 70% du Smic». Bruno Retailleau s’est déjà exprimé plusieurs fois sur ce dernier point. «Il faut que le travail paie plus que l'assistanat», a-t-il défendu en avril 2025 sur son compte X expliquant vouloir «regrouper les aides sociales en une seule allocation». «Les revenus du travail doivent être au moins 30% plus élevés que ceux issus de l’assistance», poursuit-il dans son post.
Il faut que le travail paie plus que l’assistanat. Il est nécessaire de regrouper les aides sociales en une seule allocation. Les revenus du travail doivent être au moins 30 % plus élevés que ceux issus de l’assistance. pic.twitter.com/5qcCFASkyi
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) April 15, 2025
Plus de «libertés» pour revoir le temps de travail des Français
La question du travail est centrale dans le programme de celui qui a longtemps été très proche de Philippe de Villiers notamment au sein du souverainiste Mouvement pour la France. Dans une interview au Figaro, datant de mars 2024, Bruno Retailleau l’assure : «La solution, c’est le travail et la réindustrialisation». «Donnons aux entreprises les moyens de déclencher le “travailler plus pour gagner plus”», déclare-t-il, ajoutant vouloir offrir «plus de libertés pour qu’employés et employeurs s’accordent sur le temps de travail».
Dans cet entretien, Bruno Retailleau dit aussi vouloir «refaire de la France une grande nation d’ingénieurs» notamment en investissant «dans les secteurs d’avenir comme la robotique ou l'intelligence artificielle» et en mettant «le paquet sur les formations scientifiques».
Autre grande ligne de la politique économique de Bruno Retailleau : la lutte contre la bureaucratie. «Il faut tailler dans le maquis des 1 200 agences et organismes publics, qui représentent 20% de la masse salariale de l’Etat», assure celui qui est désormais patron des Républicains dans Le Figaro. «Supprimons des postes dans l’administration “administrante” (...), faisons sauter les doublons entre l’Etat et les collectivités, et déléguons davantage au privé quand il peut faire aussi bien pour moins cher», a-t-il osé, affirmant aussi vouloir «remettre en cause le statut dans la fonction publique, pour privilégier le contrat».
De manière plus générale, Bruno Retailleau s’est dit pour «plus de croissance» et «moins de dépenses», en juin 2024, alors qu’il était encore président du groupe LR au Sénat. «La croissance potentielle, c’est la compétitivité, productivité avec l’offre de travail et on est mauvais sur les deux», avait-il alors lancé.



















