
Un ministre de l’Intérieur qui étrille le mouvement créé par le chef de l’État. La déclaration a fait l’effet d’une bombe dans le paysage politique jusqu’ici monopolisé par les annonces budgétaires de François Bayrou. Dans Valeurs Actuelles, Bruno Retailleau a déclaré que le macronisme «s’achèvera avec Emmanuel Macron», parce qu’il n’est «ni une idéologie ni un mouvement politique, mais repose exclusivement sur un homme». Pour lui, le fameux mantra du président, incarné par l’expression «en même temps » alimenterait donc «l’impuissance». Et de l’autre côté, Bruno Retailleau maintient que sa participation au gouvernement n’est «pas une adhésion au macronisme», mais qu’elle est animée par «l’intérêt général», ainsi que par «son refus de laisser «la gauche mélenchonisée (accéder) au pouvoir».
Le ministre assume donc défendre «une droite utile mais pas docile», pour «porter des convictions de droite». Il reconnaît pourtant que la droite ne pourra «gagner seule». Mais à deux jours de son rendez-vous avec Emmanuel Macron, ces déclarations ont déclenché une inflammation chez les macronistes.
Secousses au sein de la coalition présidentielle
C’est d’abord la ministre de l’Éducation Élisabeth Borne qui est montée au créneau mardi soir, sur X, pour accuser Bruno Retailleau de vouloir «diviser le socle commun» et d’affaiblir «les remparts contre les extrêmes». De son côté, le haut-commissaire au Plan Clément Beaune a fustigé le patron de la place Beauvau, selon Le Huffington Post : «Quand on est nommé par le président de la République, on ne l’attaque pas». La ministre de la Transition écologique a déclaré : «diviser pour diviser ne constitue pas un projet». Le parti Renaissance, de son côté, n’a pas mâché ses mots : les déclarations du ministre de l’Intérieur ont été jugées «inacceptables».
L’une des rares voix plus nuancées, celle de la porte-parole du gouvernement Sophie Primas, elle-même issue de LR, qui a tenté de recadrer la polémique sans l’éteindre : «Nous avons des convictions différentes. C’est ce que Bruno Retailleau veut exprimer.» D’autant que ce n’est pas la première fois que Retailleau crée des levées de boucliers. Il avait déjà fait l’objet d’un rappel à l’ordre après avoir proposé de supprimer les aides aux énergies renouvelables.


















