Invité au 20 heures de France 2, mercredi 30 octobre, Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur, a redit vouloir intensifier la lutte contre l’immigration illégale via la nouvelle loi immigration en préparation, rappelant le drame de quatre personnes mortes noyées dans la Manche, en tentant de rejoindre l’Angleterre sur un bateau de fortune. «Une preuve de plus que pour beaucoup de migrants qui trouvent la mort sur la route de l’exode, l’immigration n’est pas une chance pour eux», a déclaré le ministre.

Pour dissuader l’immigration illégale, Bruno Retailleau souhaite notamment s’en prendre à l’aide médicale d’État, un dispositif permettant aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d'un accès aux soins. S’il assure qu’il ne souhaite pas la supprimer, il pourrait la réformer par le biais de la loi de finances 2025, en changeant cette mesure en aide médicale d’urgence, qui prendrait seulement en charge les pathologies graves. «On est les seuls au monde à avoir un dispositif d’aide médicale d’État et des titres pour des étrangers malades. On demande aux Français des efforts et pour des clandestins qui fraudent la frontière, ce serait open bar ?», réagit le ministre.

«On est laxiste»

Estimant les aides sociales aux migrants «plus généreuses que ce que font les autres pays européens», Bruno Retailleau pense qu’à l’heure où se durcissent ailleurs en Europe les lois en matière d’immigration, ne pas s’adapter serait envoyer un message aux passeurs, qu’il qualifie d’«esclavagistes des temps modernes», les incitant à envoyer intensifier le flux migratoire vers la France «parce qu’on est laxiste».

«L’idée c’est que quelqu’un qui ne travaille pas ne vienne pas en France pour toucher des allocations familiales le premier jour où il pénètre sur le territoire national», explique le ministre de l’Intérieur. La nouvelle loi immigration, votée en janvier dernier et censurée par le Conseil constitutionnel, a par ailleurs été révisée. «On tient compte du Conseil constitutionnel, qui nous a dit, cinq ans c’est trop. On va adapter à trois ans», précise le ministre.