La carte Vitale sur le téléphone, c’est désormais possible pour tout le monde ! Depuis ce mardi 18 novembre, l’installation de manière dématérialisée de la carte permettant d’identifier son titulaire auprès de l’Assurance maladie est possible pour tous, et dans tous les départements, a appris Le Parisien. Jusqu’alors, il n’y avait que deux possibilités pour l’installer : avoir téléchargé au préalable l’application France Identité ou résider dans l’un des 46 départements éligibles. Désormais, 28 millions de nouveaux assurés peuvent donc déposer leur carte Vitale sur leur smartphone.

Concrètement, comment cela fonctionne-t-il ? Il faut dans un premier temps télécharger l’application carte Vitale. Ensuite, il faut renseigner son numéro de carte de Sécurité sociale ou bien scanner sa petite carte jaune et verte. Deux solutions s’offrent ensuite à vous : soit vous pouvez vous connecter avec France Identité, soit via l’autre procédure avec reconnaissance faciale. Vous suivez les informations à l’écran et votre carte est enfin installée sur le téléphone. En théorie, lorsque vous allez chez le médecin ou quand vous vous rendez en pharmacie, un QR code permet de scanner la carte.

Des professionnels de santé réticents ?

Reste à savoir si les professionnels de santé vont jouer le jeu et se doter des équipements nécessaires pour le scanner ou compatibles avec la technologie NFC. A ce jour, selon Le Parisien, deux tiers des pharmacies auraient acquis un boîtier, ainsi qu’un quart des médecins. Mais dans certaines régions comme en Ile-de-France, seulement la moitié des pharmacies et un médecin sur huit l’ont adopté. Interrogés par Le Parisien, plusieurs utilisateurs ont fait face à des professionnels de santé qui n’avaient pas le boîtier ou qui n’en avaient même pas entendu parler.

La carte Vitale physique est donc loin de disparaître. «Beaucoup de collègues en face ne sont pas forcément motivés pour s’équiper, notamment s’ils comptent bientôt vendre leur officine, partir à la retraite», explique à nos confrères la pharmacienne Delphine Chadoutaud, présidente de l’URPS (Union régionale des professionnels de santé) Pharmaciens Île-de-France. En outre, les personnes âgées ne sont pas forcément équipées de smartphones ou prêtes à abandonner leur carte.

Un moyen de lutter contre les fraudes

A ce jour, 1,8 million de personnes ont activé leur carte, dont 500 000 via France Identité. Persuadé que «le rythme va s’accélérer», le directeur général de la Caisse nationale de l’Assurance maladie estime qu’il s’agit d’un outil de modernité afin que «la santé ne soit pas en retard sur le reste». Pour Thomas Fatôme, cette dématérialisation doit aussi permettre de lutter contre les fraudes. Toutefois, utilisateurs et professionnels font état de bugs actuellement et sont parfois étonnés par l’utilisation de la reconnaissance faciale. Des contretemps qui devraient s’estomper avec le temps…