
L’attaque a été aussi inattendue qu’efficace. Dimanche 1er juin, l’armée ukrainienne a mené une vaste attaque sur le site de Belaya, situé en Sibérie orientale, à plus de 4 200 kilomètres du front. Selon Kiev, l’attaque a permis de détruire pas moins de 41 bombardiers stratégiques. Une source ukrainienne a indiqué que cette attaque aurait été préparée depuis un an et demi. Mais comment l’Ukraine est-elle parvenue à atteindre la Russie si efficacement ? Grâce à un armement lourd ? Visiblement non.
Selon nos confrères du Parisien, cette attaque a été menée à l’aide de drones à bas coût kamikazes, des drones FPV (First person view) qui sont en réalité utilisés depuis des mois sur le front. Ces drones ont tout d’un engin artisanal. Equipés de moteurs, ils embarquent une caméra, une batterie, une antenne vidéo, un système de navigation, une charge explosive, un détonateur imprimé en 3D, un collier de serrage et la connexion se fait avec du ruban isolant.
Six milliards d’euros de matériel déjà détruits ?
D’après nos confrères, les Ukrainiens peuvent les guider grâce aux images transmises à bord ou à l’aide de casques de réalité virtuelle. Ils utilisent également un logiciel pour le pilotage de drones, à savoir Ardupilot. Une prouesse alors que ces drones sont évalués en tout et pour tout à 500 euros et sont parvenus à détruire des engins russes dont le coût est estimé entre 40 et 100 millions d’euros. A ce jour, Kiev assure avoir déjà détruit pour plus de six milliards d’euros de matériel grâce notamment à la précision de ses frappes.
Reste à comprendre comment la Russie n’est pas parvenue à déjouer l’attaque, d’autant que ces drones FPV étaient à l’origine utilisés comme appareils de reconnaissance. Jusqu’alors, leur portée maximale, de cinq à vingt kilomètres, restreignait leur utilisation. Les Ukrainiens se seraient donc approchés au maximum des aérodromes pour frapper leurs cibles.
En outre, comme ils volent en essaim et à basse altitude, ces drones FPV sont quasiment indétectables par l’ennemi. Au cours de cette attaque, Kiev a utilisé précisément 117 drones. Leur taille et le matériel embarqué ont permis des tirs de précision et donc d’atteindre des points clés des avions russes, avant de les faire imploser.



















