
Les drones sont-ils la clé actuellement dans la guerre entre Russes et Ukrainiens ? Le 1er juin, l’opération «Toile d’araignée» a mis à mal des bases stratégiques russes en causant à Moscou des millions d’euros de pertes. Parmi les avions visés, des A-50, mais également des bombardiers stratégiques Tu-95 et Tu-22. Une attaque menée à l’aide de drones kamikazes à moins de 500 euros, équipés de moteurs, d’une caméra, d’une antenne vidéo, d’un système de navigation, d’une charge explosive ou d’un détonateur imprimé en 3D.
Le drone est-il l’arme du futur ? Le week-end dernier, le ministère des Armées a révélé que Renault pourrait travailler à la production de drones pour l'Ukraine et la France. Selon les informations de Capital, le constructeur pourrait s’associer à EOS Technologie. Pourquoi est-ce important ? Parce que le secteur est en constante évolution, notamment d’un point de vue technologique, rappelle BFMTV. Lors d’un point presse au ministère des Armées, le directeur du Centre interarmées de concepts, de doctrines et d'expérimentations a rappelé que les drones étaient «très vite frappés d'obsolescence».
Un drone intercepteur à moins de 300 dollars ?
Selon Vincent Breton, il ne faut que «quelques semaines pour qu'un des belligérants identifie la parade à l'innovation», et dans ce cadre, l’Ukraine est «toujours à la pointe de l'innovation». Parmi les trois types de drones utilisés actuellement, il y a évidemment ceux décrits comme «kamikazes». Des mini ou micro-drones parfois invisibles. Et selon nos confrères, si attaquer avec un drone est loin d’être nouveau, se défendre avec est une autre histoire, et beaucoup plus coûteux.
Raison pour laquelle le sujet intéresse particulièrement les armées. De leur côté, les Ukrainiens travailleraient à la production d’un nouveau type de drone, indique Bloomberg. Ils serviraient à contrer les fameux Gueran-2 russes, successeurs du Shad 136 iranien. Ces derniers sont utilisés pour «saturer la défense aérienne ukrainienne», selon nos confrères. Or les drones ukrainiens en préparation pourraient les intercepter et coûteraient moins de 300 dollars.
L’intelligence artificielle au service de l’Ukraine
Si ces drones peuvent être utiles, ils ne remplaceront pas les systèmes de défense actuels et ne seraient pas non plus efficaces contre des attaques de missiles. Toutefois, en constante évolution, les drones, en particulier ukrainiens, se distinguent grâce à leur utilisation de l’intelligence artificielle qui leur donnerait un avantage de taille aujourd’hui. Déjà en 2023, le Centers for European policy network affirmait que «Kiev utilise l'IA plus efficacement que Moscou».
En quoi l’IA est utile ? Notamment pour échapper aux systèmes de brouillage. Selon deux membres de l’IFRI, elle offrirait aux drones plus de chances d’atteindre leur cible. Et c’est dans ce cadre que des géants mondiaux ont appuyé l’Ukraine pour développer ces équipements, que ce soit Amazon, Microsoft, Google, Starlink ou encore Palantir. Une utilisation suivie de près en France, a confirmé le général Breton, soulignant que «les armées doivent utiliser davantage des drones dans le quotidien de leurs opérations». Produire en masse, à moindre coût, en y intégrant des technologies de pointe : un nouveau défi de taille pour les armées.



















