Il était 15h, dimanche 1er juin, lorsqu’au moins quatre sites russes ont été frappés par l’armée ukrainienne. Une attaque inédite puisque jamais l’Ukraine n’avait atteint une cible aussi lointaine dans le camp de la Russie. En effet, le site de Belaya, situé en Sibérie orientale, à plus de 4200 kilomètres du front, a été touché. Le bilan, rapporté par les Ukrainiens et encore provisoire, fait ainsi état de 41 bombardiers stratégiques détruits ou endommagés initialement prévus pour attaquer l'Ukraine.

L’ennemi russe n’a pas perdu de temps pour réagir face à ces attaques. « Ils parlent déjà d’un “Pearl Harbour russe”. C’est absolument inédit », rapporte le journaliste Cyrille Amoursky sur X. De nombreuses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des avions en feu, mais aussi des explosions au loin et d’importantes colonnes de fumée noire. Sur les images, on identifie des appareils lourds, à long rayon d’action, utilisés tous les jours pour tirer des missiles sur l’Ukraine.

Une attaque avant des pourparlers à Istanbul

Cette attaque spectaculaire intervient dans un contexte bien particulier. Elle s’est faite à la veille de négociations attendues entre Russie et Ukraine en Turquie, proposées par Moscou Et pourtant, l’opération ukrainienne, au nom de code « toile d’araignée », avait été préparée pendant plus d’un an et demi et supervisée par le président Volodymyr Zelensky, selon une source ukrainienne.

Avec cette dernière attaque d’ampleur, la riposte russe s’annonce aussi inévitable que violente. Malgré cela, Volodymyr Zelensky a appelé à un « cessez-le-feu complet et inconditionnel », ainsi qu'au retour des Ukrainiens détenus en Russie. Il a aussi appelé à « préparer une réunion au plus haut niveau », c'est-à-dire une rencontre avec Vladimir Poutine.