
Boeing se tire d’affaire. Ce jeudi 6 novembre, un juge fédéral du Texas a ordonné l’abandon des poursuites pénales ouvertes à la suite des crashs de deux 737 MAX 8, survenus en 2018 et 2019, causant la mort de 346 personnes. Cette décision fait suite à une requête du ministère américain de la Justice, validant un accord conclu avec l’avionneur en mai dernier, rapportent Les Echos. L’arrangement, qui prévoit notamment le versement de 1,1 milliard de dollars, met fin à une procédure qui devait déboucher sur un procès à Fort Worth au Texas.
Pour Boeing, ce compromis écarte le risque d’une condamnation susceptible de compromettre ses contrats publics, essentiels à ses activités aérospatiales et de défense. L’entreprise affirme vouloir «honorer ses engagements» et poursuivre ses efforts pour renforcer la sécurité et la conformité de ses opérations. Malgré sa décision, le juge Reed O’Connor a exprimé ses réserves, estimant qu’il n’avait pas le pouvoir de s’opposer à un accord jugé conforme à l’intérêt public par le gouvernement.
Une amende de 244 millions de dollars
Plusieurs proches des victimes, représentés par le cabinet Clifford au civil, ont exprimé leur indignation dans un communiqué et annoncé leur intention de faire appel «en urgence» de cette décision. Dans le cadre de cet accord, Boeing admet avoir cherché à «faire obstruction et à entraver» le travail du régulateur américain de l’aviation civile (FAA) et devra notamment verser plus de 444 millions de dollars dans un fonds d’indemnisation des familles, et payer une amende de 244 millions.
Les deux accidents concernaient des 737 MAX 8 exploités par Lion Air et Ethiopian Airlines. L’enquête a révélé des défaillances liées au logiciel antidécrochage MCAS, dont la conception défectueuse avait déjà été reconnue par Boeing. Le groupe, déjà sous le coup d’un précédent accord de 2021, avait été de nouveau fragilisé début 2024 après l’incident d’un 737 MAX 9 d’Alaska Airlines, qui a ravivé les doutes sur la qualité de sa production. Cette crise avait conduit le ministère de la Justice à annuler l’accord initial avant qu’un nouveau compromis ne soit trouvé au printemps.
Ce dénouement intervient alors que l’arrivée d’une nouvelle administration Trump, favorable à la défense des grandes entreprises américaines, a pu faciliter la conclusion de l’arrangement. Sur le plan civil, Boeing fait encore face à plusieurs dizaines de plaintes aux Etats-Unis. La majorité a été réglée à l’amiable, mais un premier procès, lié au crash d’Ethiopian Airlines, s’est ouvert cette semaine à Chicago.















