Aura-t-on un Premier ministre ce vendredi ? Emmanuel Macron doit désigner, dans la matinée, le nouveau locataire de Matignon. Celui-ci devra s'atteler à la tâche délicate de trouver un accord pour permettre au gouvernement de durer plus longtemps que le précédent et de faire adopter un budget dans un contexte politique toujours aussi divisé.

En juin dernier, Emmanuel Macron avait surpris en dissolvant l'Assemblée nationale après la déroute de son camp face à l'extrême droite lors des européennes. Les législatives anticipées ont conduit à une Assemblée nationale fragmentée en trois blocs (alliance de gauche, macronistes et droite, extrême droite), sans majorité absolue. Michel Barnier, Premier ministre issu de la droite et ancien commissaire européen, avait dû démissionner le 5 décembre après un vote de censure historique à l’Assemblée, mettant fin à son mandat de trois mois seulement.

Mardi après-midi, Emmanuel Macron avait assuré qu’un chef de gouvernement serait nommé «dans les 48 heures». Cette déclaration a été faite lors d’une réunion à l’Elysée réunissant des dirigeants de partis allant du Parti communiste à Les Républicains (LR), à l’exception du Rassemblement national (RN) et de La France insoumise (LFI). Cependant, le président de la République s’est rendu en Pologne jeudi pour une visite officielle, repoussant l’annonce du nom du Premier ministre à ce vendredi matin.

Plusieurs noms circulent pour le poste de Premier ministre. François Bayrou, allié centriste fidèle, semble cette fois-ci particulièrement favori. D'autres évoquent un ministre macroniste ou encore une personnalité de gauche, comme l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve, soutenu en dernière minute par certains députés socialistes, dont François Hollande.

«Pacte de non-censure»

Selon un proche du président, Emmanuel Macron cherche avant tout à garantir un «pacte de non-censure» avec le PS ou les Ecologistes avant de finaliser la nomination, bien que cela semble incertain. Des échanges informels ont eu lieu mercredi avec ces partis, mais sans résultat concluant, selon un cadre macroniste.

François Bayrou, président du MoDem, propose quant à lui de former un gouvernement composé de personnalités influentes capables de rallier suffisamment de députés, sans attendre un accord formel entre partis. Malgré cette proposition, des figures de la gauche comme Marine Tondelier, des Ecologistes, s’opposent fermement à la nomination de Bayrou ou de Cazeneuve, les considérant comme des incarnations du passé. «Les Français veulent un peu d'enthousiasme, d'élan, de souffle, un truc nouveau quoi», a-t-elle déclaré sur France 2.

Au MoDem, on reste toutefois optimiste, estimant que le PS pourrait, en fin de compte, accepter de ne pas censurer un gouvernement Bayrou. Mais ce nom divise dans les rangs macronistes, certains préférant des figures comme Sébastien Lecornu, ministre des Armées, ou Catherine Vautrin, tous deux proches du président.

La situation est d'autant plus urgente que la démission de Michel Barnier a laissé le pays sans budget pour 2025. Un projet de loi spéciale pour éviter une paralysie de l'Etat a été présenté mercredi en Conseil des ministres et entame une procédure accélérée au Parlement. Cependant, ce texte ne permet pas de reconduire de nombreuses dispositions essentielles pour les Français et les entreprises.

Par ailleurs, les plans sociaux se multiplient en France dans plusieurs secteurs (métallurgie, commerce, banques, chimie, etc.). Jeudi, près de 120 manifestations pour «l'emploi et l'industrie» étaient organisées à l'appel de la CGT, soutenue par Solidaires et la FSU.

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