Emmanuel Macron a tranché : c’est François Bayrou qui a été désigné Premier ministre le vendredi 13 décembre 2024, tournant ainsi une nouvelle page pour le gouvernement. Âgé de 74 ans, le président du MoDem succède à Michel Barnier, renversé par une motion de censure et démissionnaire depuis le 5 décembre, après avoir assuré les «affaires courantes» pendant quelques jours.

«Le président de la République a nommé M. François Bayrou Premier ministre et l’a chargé de former un gouvernement», avait alors indiqué l’Elysée dans un communiqué. Parmi les noms envisagés figuraient l’ex-Premier ministre de François Hollande, Bernard Cazeneuve, ainsi que, plus récemment, l’ancien ministre de l’Industrie, Roland Lescure. Dès sa prise de fonctions, François Bayrou a bénéficié de l’ensemble des avantages liés à sa nouvelle fonction, à commencer par le salaire de Premier ministre.

Un peu plus de 16 000 euros brut de rémunération mensuelle

La rémunération du Premier ministre est strictement encadrée par le décret n°2012-938, signé sous la présidence de François Hollande, qui avait alors décidé de réduire de 30% les salaires du président de la République et des membres du gouvernement. Comme l’ensemble de l’exécutif, le Premier ministre est rémunéré sur la base du système de la fonction publique d’Etat, avec un traitement indexé sur le fameux «point d’indice».

En 2025, le traitement brut mensuel du Premier ministre s’élève à 16 039 euros, répartis en trois composantes : un traitement de base de 12 457 euros, une indemnité de résidence de 374 euros, et une indemnité de fonction fixée à 3 208 euros. Cette rémunération correspond au double de la moyenne entre les plus bas et les plus hauts traitements des fonctionnaires de l’Etat classés «hors échelle», conformément au décret n°85-1148 du 24 octobre 1985. A cette somme s’ajoutent des avantages liés à la fonction, comme la résidence officielle à l’Hôtel de Matignon, des moyens de transport et de sécurité, mais ceux-ci ne sont pas comptabilisés dans le traitement brut mensuel.

Les ministres bénéficient d’une dotation annuelle de frais de représentation, fixée à 150 000 euros pour les ministres de plein exercice. Ce montant, confirmé par le gouvernement dans une réponse à l’Assemblée nationale en mars 2020, vise à couvrir les dépenses directement liées à l’exercice de leurs fonctions : réceptions officielles, repas de travail, cadeaux protocolaires ou encore achats de fleurs. Gérés sous la responsabilité du ministre, ces fonds doivent respecter les règles budgétaires de l’Etat et font l’objet d’un contrôle par le comptable ministériel, bien que leur utilisation détaillée ne fasse pas l’objet d’une publication systématique.

Quelques avantages supplémentaires accordés au Premier ministre

A l’issue de ses fonctions, le Premier ministre peut continuer à percevoir son traitement pendant une période maximale de trois mois, sauf s’il reprend une activité rémunérée ou ne transmet pas sa déclaration de situation à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Par ailleurs, selon le décret n°2019-973 du 20 septembre 2019, les anciens chefs du gouvernement peuvent bénéficier, sur demande, d’un secrétaire particulier rémunéré par l’Etat pendant dix ans, et jusqu’à l’âge de 67 ans - une disposition dont François Bayrou ne pourra pas bénéficier, étant déjà âgé de 74 ans.

En revanche, la mise à disposition d’une voiture de fonction avec chauffeur n’est soumise à aucune limite de durée. Enfin, les anciens Premiers ministres et ex-ministres régaliens peuvent également solliciter une protection policière, assurée par le Service de la protection de la police nationale (SDLP), en cas de risques liés à leur fonction passée.