
DeepSeek, le phénomène chinois de l’intelligence artificielle, secoue actuellement la Silicon Valley. En seulement quelques mois, cette start-up de Hangzhou a réussi l’exploit de développer un modèle d’IA ultra-performant, capable de rivaliser avec des géants comme OpenAI ou Google, mais avec un budget étonnamment modeste : à peine 5,6 millions de dollars. Pourtant, cette apparente simplicité cache une controverse majeure, où se mêlent soupçons et tensions géopolitiques.
Le cœur du problème ? Les puces électroniques utilisées pour entraîner ces intelligences artificielles avancées. Les Etats-Unis interdisent strictement à la Chine l’accès à leurs composants les plus sophistiqués, essentiels au développement de ces modèles puissants. Malgré cela, des spéculations circulent selon lesquelles DeepSeek aurait contourné ces restrictions, obtenant clandestinement des milliers de puces Nvidia interdites via des intermédiaires à l’étranger ou des sociétés-écrans. Certains estiment même que la somme réelle investie pourrait dépasser les 500 millions de dollars, loin des déclarations officielles de la société.
La censure et la protection des données au coeur des inquiétudes
Face à ces accusations, DeepSeek nie formellement toute violation des sanctions américaines, affirmant simplement avoir optimisé ses ressources de manière particulièrement efficace. Toutefois, ces affirmations peinent à convaincre et les doutes persistent. Les autorités américaines, alarmées, surveillent désormais attentivement la start-up chinoise. Un autre sujet brûlant concerne la censure et la sécurité des données. Conformément aux exigences du gouvernement chinois, l’IA développée par DeepSeek intègre des filtres stricts sur divers sujets sensibles. De plus, toutes les données générées et utilisées par cette IA sont stockées en Chine, soulevant des inquiétudes sur une potentielle récupération à des fins politiques ou de surveillance.
Malgré ces controverses, le phénomène DeepSeek suscite fascination et inquiétude. Son ascension rapide et son efficacité redoutable montrent que produire une intelligence artificielle de très haut niveau ne nécessite pas forcément des milliards de dollars. Investisseurs, entreprises et gouvernements regardent désormais cette société avec méfiance et curiosité, conscients que, derrière cette start-up, se cache un enjeu géopolitique majeur : la bataille pour la suprématie technologique mondiale.
*Alice Lhabouz, fondatrice et présidente de la société de gestion de fonds Trecento Asset Management


















