“J’ai quelque chose qui fait peur aux gens”. Laetitia Defoi est drépanocytaire. Diagnostiquée à sa naissance en Martinique, elle souffre d'une anomalie de l’hémoglobine, responsable du transport de l’oxygène dans les globules rouges. Une maladie génétique héréditaire qui l’a mise dans un fauteuil roulant alors qu’elle n’était qu’une adolescente. Cette pathologie méconnue l’a aussi privée de sorties scolaires ou encore de son stage de découverte en entreprise en classe de 3e. Devenue infirmière et patiente experte, cette femme de 31 ans attend beaucoup d’Emmanuel Macron, qui a inscrit la drépanocytose parmi ses priorités en matière de prévention.

Si la journée mondiale de la drépanocytose risque de passer sous les radars le 19 juin, jour du second tour des élections législatives, des proches du président ont déjà planché sur le sujet. Et même bien avant qu'Emmanuel Macron ne soit réélu. Capital s’est procuré un document établi à l’issue d’un atelier organisé le 3 mars par l’association SOS globi, auquel les députés Thomas Mesnier (LREM) et Agnès Firmin Le Bodo (Agir/Horizon) ont participé. Le délégué ministériel à la santé mentale, Frank Bellivier, était aussi convié. Ce document liste les pistes à explorer pour améliorer la prévention et la prise en charge de la drépanocytose, une maladie dont 26.000 personnes en France sont atteintes.

Les collaborateurs d'Emmanuel Macron qui ont participé à l'atelier entretiennent le mystère sur les intentions du président de la République. “C’est un document très complet qui liste un certain nombre de propositions qui doivent faire l’objet d’annonces, de mesures. Ça peut être une source d’inspiration”, confie Frank Bellivier à Capital tout en admettant ne pas être au fait de ce que prévoit le chef de l'Etat. “Je ne sais pas s’il y aura un projet de loi ou des amendements financiers dans le cadre du budget de la Sécu. Ça peut déboucher sur un plan, un livre blanc ou même une stratégie nationale comme pour l’endométriose", suppose de son côté Agnès Firmin le Bodo. "J’espère que cet atelier ne servira pas à rien”. Quant à Thomas Mesnier, le député candidat à sa réélection dans la 1ère circonscription de la Charente, il a refusé d’en dire plus, préférant “ne pas couper l’herbe sous le pied du président”, souffle-t-on dans son entourage.

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