Alors que les allocations familiales ont baissé en mars avec la réforme, repoussant, de 14 à 18 ans l’âge pour ouvrir droit à la majoration, et que le pouvoir d’achat est en baisse pour de nombreuses familles, certains députés montent au créneau. Pour les aider à alléger leurs dépenses liées aux transports et à certains services, la carte «familles nombreuses» permet ainsi de bénéficier de réductions significatives sur les tarifs des transports publics. C’est le cas pour les trains, mais aussi parfois pour les avions et d’autres moyens de transport.

Cette carte est individuelle, mais elle est surtout destinée aux familles nombreuses à partir de trois enfants à charge. Au niveau local ou régional, vous pouvez également avoir droit à des aides. Trois enfants ? C’est aujourd’hui trop restrictif, selon le député Horizons du Calvados, Jérémie Patrier-Leitus. Dès le mois de février, il avait déposé une proposition de loi visant à ouvrir cette carte «familles nombreuses» dès lors que les parents ont deux enfants. Il rappelle dans Ouest-France que ces familles «représentent, aujourd’hui, 40% des familles françaises».

Un indice de fécondité en forte baisse

Si le texte a déjà été adopté en commission des affaires sociales la semaine dernière, il sera présenté à l’Assemblée nationale ce jeudi 9 avril. S’appuyant sur l’indice de fécondité en France tombé en 2025 à 1,56, alors qu’il était encore à 2,03 en 2010, l’élu du Calvados assure que «l’évolution démographique de notre pays justifie, aujourd’hui, d’adapter cette carte». S’il ne veut pas «révolutionner» la politique familiale, Jérémie Patrier-Leitus parle d’une décision qui serait «avant tout symbolique».

Le texte a-t-il des chances de passer ? Les voyants sont au vert. Car même si l’élu centriste a essuyé les critiques de la gauche et des Ecologistes, critiquant notamment le «réarmement démographique» souhaité par Emmanuel Macron, ces partis devraient soutenir la proposition de loi. Toutefois, l’élue écologiste du Rhône, Marie-Charlotte Garin, a déploré la situation dans le pays où «les mères ne sont pas aidées, où le pouvoir d’achat diminue, où l’on ne peut pas se loger, où nos corps sont pollués, où l’on remet en cause la place des enfants».

Si les familles «ont perdu 221 euros de prestations familiales par an et par enfant», comme l’a rappelé à son tour la députée LFI de la Sarthe, Elise Leboucher, le gouvernement veut lutter contre la baisse de la natalité. Un nouveau congé de naissance a été annoncé et un rapport parlementaire a proposé de verser 250 euros par enfant pour contrer la baisse de la natalité. Distribuer la carte «familles nombreuses» dès deux enfants pourrait ainsi être une autre piste. Pour rappel, elle offre des réductions croissantes dans les transports selon le nombre d’enfants : 30% à la SNCF pour trois enfants, 40% pour quatre, 50% pour cinq et 75% pour six enfants ou plus.