Le 1er mars a été synonyme de changement pour les familles. Et pas réellement en leur faveur ! Un décret adopté dans le cadre du budget 2026 repousse en effet la majoration des allocations familiales de 14 à 18 ans. Ainsi, depuis quelques semaines, la hausse ne sera plus effective que deux ans, de 18 à 20 ans, représentant un énorme manque à gagner pour certaines familles. C’est ce qu’a rappelé Benoît Perrin sur Europe 1 ce mercredi 8 avril.

Si tous les enfants nés avant le 1er mars 2012 bénéficient toujours de cette majoration à partir de 14 ans, ce ne sera pas le cas pour ceux nés après cette date. Et le président de Contribuables associés a fait ses comptes. Pour une famille de deux enfants, «c’est 1 000 euros par an en moins». C’est pire pour une famille de trois enfants : «C'est 2 700 euros en moins, soit 230 euros par mois que la CAF ne va plus verser», décrypte l’économiste.

Les familles les plus modestes en première ligne

Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce ne sont pas les familles les plus modestes qui seront épargnées. «Depuis 2015 et la décision de François Hollande de distribuer les allocations en fonction du nombre d’enfants et de revenus, ce sont les familles qui ont les revenus les plus faibles les plus pénalisées», a déploré Benoît Perrin sur Europe 1. Il a repris l’exemple de la famille avec trois enfants appartenant à la tranche 1 qui perd exactement 2 730 euros.

Selon lui, une famille dans la même situation, mais «avec de gros revenus ne perdra que 684 euros». Il ajoute : «C’est normal, car elles touchent déjà très peu d’allocations, donc c’est mécanique. Au nom de cette fameuse justice sociale, fiscale, on fragilise très concrètement les familles qui ont les revenus les plus bas», a-t-il fustigé. De son côté, le gouvernement l’a martelé : avec cette mesure, il espère économiser 210 millions d’euros dès cette année.

A quoi servira cet argent ? A financer le nouveau congé de naissance qui doit entrer en vigueur le 1er juillet prochain. Mais ces explications ne passent pas. Fin mars, l’Union nationale des associations familiales (Unaf) a décidé de déposer un recours en annulation devant le Conseil d'État. Elle dénonce la «quasi suppression de cette majoration» avec à la clé «de lourdes pertes pour les familles», les cas permettant de bénéficier de ce coup de pouce devenant «résiduels». Enfin, ce texte ne tiendrait pas compte du surcoût de chaque adolescent pour ses parents.