
Après des années d’attente, le réacteur EPR de Flamanville a franchi une étape symbolique majeure. Ce dimanche 14 décembre, l’installation nucléaire normande a atteint pour la première fois 100% de sa puissance, a annoncé EDF, comme le rapportent Les Echos. À la mi-journée, le réacteur produisait 1 669 MW de puissance électrique brute, dont environ 1 570 MW injectés sur le réseau à haute tension, une fois retranchée l’électricité nécessaire à son propre fonctionnement.
Cette montée à pleine charge, initialement espérée pour l’été, intervient finalement à quelques jours de la date limite fixée à la fin de l’automne, le 20 décembre. Elle coïncide aussi avec le premier anniversaire du raccordement de l’EPR au réseau électrique français, intervenu le 21 décembre 2024. Vendredi dernier, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection avait donné son feu vert pour dépasser le seuil des 80%, dernière autorisation indispensable avant de tester la capacité maximale du réacteur.
Une puissance encore à confirmer
La puissance réellement atteignable à terme reste toutefois à préciser, soulignent nos confrères. Le niveau observé ce dimanche demeure légèrement inférieur aux estimations récemment évoquées par EDF auprès de la Commission de régulation de l’énergie, qui évoquaient jusqu’à 1 585 MW nets. Au fil des années, les annonces du groupe ont d’ailleurs évolué, avec des plafonds successifs de 1 650 puis 1 620 MW.
«Il est trop tôt pour savoir quelle va être la puissance nette finale. Nous allons refaire des essais et poursuivre les réglages ces prochaines semaines, afin de poursuivre l'optimisation du réacteur», a indiqué EDF. La performance du réacteur dépendra notamment des conditions d’exploitation, comme la température de l’eau de refroidissement ou les contraintes environnementales. Dans le cadre de son programme de démarrage, la puissance continuera donc de varier afin de valider le fonctionnement à différents paliers.
Un coût estimé à 23,7 milliards d’euros
Initialement attendu pour 2012, l’EPR de Flamanville accuse plus de douze ans de décalage. Sa montée en charge a notamment été interrompue pendant plusieurs mois, entre juin et octobre, en raison de fuites détectées sur des soupapes. Il n’avait franchi le seuil des 80% de puissance qu’il y a un mois environ. Le chantier, lui aussi, a connu une dérive spectaculaire des coûts. Alors que le devis initial s’élevait à 3,3 milliards d’euros, la Cour des comptes évalue désormais le programme à 23,7 milliards d’euros.
Après validation des réglages, le réacteur pourra fonctionner à pleine puissance pendant environ dix mois, avant un arrêt prévu à l’automne 2026 pour sa première grande maintenance, incluant le remplacement du couvercle défectueux.













