
Après une nouvelle baisse de 0,3 % cette semaine, le baril de Brent se maintient tout juste au-dessus des 65 dollars, son plus bas niveau de l’année. Selon le département américain de l'Energie dont les conclusions ont été relayées par Les Echos, le prix moyen pourrait descendre à 58 dollars au quatrième trimestre, un niveau inédit depuis 2020 et la crise-Covid, avant de s'approcher des 50 dollars ces prochaines années. Ce scénario pourrait menacer la rentabilité de nombreux producteurs, en particulier aux Etats-Unis.
A court terme, la décision de l’Opep+ d'augmenter sa production en septembre a accru la pression sur les cours. L'Arabie Saoudite privilégie désormais les parts de marché à la défense des prix, ciblant les producteurs hors Opep dont les coûts sont plus élevés. En parallèle, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit un excédent mondial de 1,4 million de barils par jour cette année, porté à 2 millions en 2026. Ce surplus est encore accentué par le ralentissement économique et par la montée en puissance des renouvelables en Chine.
Le marché pétrolier est soumis à une grande incertitude
Les traders scrutent aussi le rendez-vous entre Donald Trump et Vladimir Poutine ce vendredi en Alaska, autour de la guerre lancée depuis 3 ans par le président russe en Ukraine et dans laquelle son homologue nord-américain veut jouer les intermédiaires pour parvenir à un cessez-le-feu. Un allègement des sanctions contre la Russie permettrait à Moscou d'inonder le marché, amplifiant encore le déséquilibre. Les mesures européennes de juillet (baisse du plafond et interdiction d’importer du pétrole russe raffiné par un pays tiers) n'ont, pour l'instant, eu qu'un effet limité, soulignent Les Echos.
Les projections américaines envisagent désormais un Brent autour de 50 dollars le baril en 2026. La production US, attendue à un record de 13,6 millions de barils par jour cette année, pourrait alors refluer. Cette éventualité alimente les paris baissiers : selon Bloomberg, les hedge funds ont vendu des actions pétrolières en début d'année, tout en réduisant leurs positions vendeuses sur le solaire. Pour Steve Nalley, directeur de l'Agence américaine d'information sur l'énergie, «le marché pétrolier est soumis à une grande incertitude», et l'accumulation rapide des stocks pourrait accélérer encore la chute des prix.
















