
Le recul du prix du pétrole, tombé sous les 65 dollars le baril de Brent comme le confirme un article de Sud-Ouest, offre du répit au portefeuille des consommateurs. En comparaison, ce même baril dépassait les 100 dollars en 2022, atteignant parfois les 120 dollars dans le sillage de la guerre en Ukraine. L’an passé à la même période, le baril de Brent s’échangeait entre 75 et 80 dollars. Cette baisse significative, conséquence d’une combinaison entre la guerre commerciale, les appels du président américain Donald Trump à intensifier le forage, et l’augmentation des quotas de production de l’Opep+, allège mécaniquement la facture énergétique.
Les dépenses liées à l’énergie, telles que le carburant, pèsent lourd dans le panier de consommation. En avril, les Etats-Unis ont enregistré une baisse des prix à la pompe de près de 12 % sur un an, entraînant un léger fléchissement de l’indice des prix à la consommation (CPI). Pour les ménages, cela signifie davantage de revenus disponibles à consacrer à d’autres postes : alimentation, habillement, loisirs ou vacances. Un effet domino qui pourrait, à terme, toucher aussi les prix des produits finis, grâce à une réduction des coûts de transport et de production, note Pushpin Singh, économiste au CEBR, un cabinet britannique de conseil et d’analyse économique, qui résume : «Les consommateurs vont être les gagnants» de cette baisse.
Des perdants parmi les producteurs et les pays dépendants
Mais si les consommateurs trinquent à cette baisse, les producteurs, eux, boivent la tasse. Le seuil des 60 dollars fragilise particulièrement les exploitants de pétrole de schiste aux États-Unis. Plusieurs d’entre eux réduisent déjà leurs investissements. Autre effet collatéral : un pétrole bon marché rend les énergies renouvelables moins attractives, risquant de freiner les efforts de transition écologique, prévient Pushpin Singh. A l’échelle mondiale, les pays de l’Opep+ affichent une tolérance inégale à cette baisse des cours. L’Arabie Saoudite et ses alliés du Golfe peuvent amortir le choc grâce à leurs solides réserves monétaires. Mais pour des États plus fragiles comme le Venezuela, l’Iran ou le Nigeria, qui dépendent quasi exclusivement de la rente pétrolière, la chute du baril menace directement leur stabilité économique.
















