Les syndicats de police coûtent très cher à l’Etat. C’est le constat que dresse le dernier rapport sur «le dialogue social dans la police nationale» de la Cour des comptes, publié ce mercredi 26 mars, relaie Franceinfo. «Le coût des moyens alloués aux organisations syndicales est évalué par la Cour à 54 millions d'euros au titre de l’année 2022», indiquent les magistrats de la juridiction. Ce coût est composé «pour l’essentiel des crédits de temps accordés aux organisations syndicales», c'est-à-dire des postes de permanents ou détachés à temps partiel pour des fonctions syndicales. Viennent ensuite s’ajouter des subventions accordées par le ministère de l'Intérieur.

Un coût «particulièrement élevé» car «rapporté au nombre de fonctionnaires de la police nationale (147 904 agents). Il s’établit ainsi à 367 euros par agent et par an, soit plus du double de la moyenne constatée dans l’ensemble de la fonction publique (154 euros par agent et par an)», souligne la Cour des comptes. Dans leur rapport, les Sages de la rue Cambon estiment que les moyens syndicaux sont «utilisés selon un dispositif complexe et insuffisamment contrôlé».

«Un contrôle plus rigoureux»

Ils évoquent notamment un «suivi du crédit de temps syndical et des autorisations spéciales d’absence» qui «souffre de l’absence d’outils adaptés». La Cour des comptes plaide donc pour un meilleur encadrement. «Le versement des subventions annuelles allouées par le ministère aux organisations syndicales, d’un montant d’environ 1,4 million d'euros par an doit désormais être réalisé dans un cadre régulier et faire l’objet d’un contrôle plus rigoureux», écrit-elle.

Les magistrats notent en outre que «les syndicats ont une place importante au sein de la police nationale», en rappelant que 70% à 80% des personnels adhèrent à une organisation syndicale, contre 24% en moyenne dans la fonction publique d’État. Les rapporteurs constatent également un nombre important d'instances et des procédures lourdes.