En pleine recherche d’économies à réaliser dans le cadre du Budget 2026, le gouvernement se fait recadrer sèchement par la Cour des comptes. Comme l’a repéré Le Parisien, l’instance juridique réclame des efforts rapides afin de limiter le déficit public et même dégager un excédent. Car le temps presse : afin de repasser sous les 3% de déficit, il faut pour cela réaliser 105 milliards d’euros d’économies. Dans le viseur des Sages, les mesures prises depuis 2023 qui n’ont pas permis de redresser la situation.

Et c’est le président de l’institution, Pierre Moscovici, qui est le plus critique : «La dérive budgétaire de 2024 est encore plus préoccupante que celle des années précédentes», selon lui, et c’est d’autant plus grave que le gouvernement n’a pas été «capable de maîtriser la dynamique de la dépense et à réaliser des efforts d’économie pérennes». Depuis plus d’un an, le gouvernement a ainsi préféré revoir à la baisse ses objectifs plutôt que de prendre des mesures en fonction de l’argent qui rentrait et de celui qui sortait des caisses de l’Etat.

Le double d’efforts à produire

La Cour des comptes reproche notamment les dépenses liées aux collectivités et aux prestations sociales qui ont augmenté respectivement de 2,7% et 3,3%. Pierre Moscovici les impute essentiellement à la «flambée du coût des prestations sociales s’explique notamment par la revalorisation des pensions sur l’inflation 2023», d’où son constat : «Ça a fait bingo pour certains, et bing pour les dépenses publiques.» La Cour des comptes note également que, «parallèlement, les prélèvements obligatoires ont de nouveau progressé en 2024 sur un rythme nettement inférieur à la croissance».

L’institution regrette que la procrastination des derniers mois conduise à économiser ces 105 milliards d’euros alors que ces économies étaient fixées à 50 milliards d’euros en 2023. Il faut donc «doubler les efforts». «La marche est haute, mais toujours atteignable, estime néanmoins le président de la Cour des comptes» qui compare la situation à celle de la Grèce.

Des efforts à réaliser «dès 2026»

«Cinq ans après la fin du programme de soutien, ce pays a aujourd’hui redressé ses finances publiques et sa dette, devenue aujourd’hui soutenable et peu coûteuse», ajoute-t-il. Désormais, le «report des efforts n’est plus possible», martèlent les Sages, qui alertent : «Des ajustements budgétaires très exigeants sont donc dès à présent nécessaires, et à réaliser dès 2026». Ils seront néanmoins plus difficiles, car ils devront «être socialement acceptables et ne pas porter atteinte au potentiel de croissance».