
La Cour des comptes était alarmiste le 23 septembre dernier : France Télévisions se trouve dans «une situation financière critique qui impose sans délai des réformes structurelles jusqu'ici ajournées». Si l’institution ne désigne aucun responsable précisément, le groupe présidé par Delphine Ernotte-Cunci doit procéder à des changements, car «la dynamique des charges de personnel et de fonctionnement ainsi que le poids des investissements nécessaires notamment dans le numérique (les) rendent aujourd'hui inéluctables». La Cour appelle enfin l’Etat à fixer «une trajectoire financière réaliste».
C’est dans ce contexte que la présidente du groupe audiovisuel, ainsi que sa consœur présidente de Radio France, Sibyle Veil, étaient convoquées respectivement mardi 7 octobre et mercredi 8 octobre devant la commission de la culture du Sénat. Alors que la Cour des comptes a également évoqué des charges d’exploitation trop élevées et certaines «rigidités» en matière de gestion des ressources humaines, cette audition intervenait notamment dans le contexte de l’affaire Legrand-Cohen.
Delphine Ernotte-Cunci écarte toute privatisation
Selon nos confrères du Point, Delphine Ernotte-Cunci a tenu à rappeler qu’un comité d'éthique du groupe composé de «personnalités indépendantes» n'avait relevé «aucun manquement déontologique». Plus précisément, sur le cas de Patrick Cohen employé par Mediawan (dans C à Vous), la dirigeante considère que «c'est le boulot des journalistes de discuter avec les politiques».
Suspendu depuis la chute du gouvernement Bayrou, l’examen de la réforme de l’audiovisuel public est dans toutes les têtes. Mais Delphine Ernotte-Cunci a fermé la porte à une privatisation du groupe : «Il n'est pas l'heure de désarmer l'audiovisuel public», a-t-elle lancé. Toutefois, la présidente de France Télévisions n’a pas nié les difficultés du groupe, et prévoit un déficit de l’ordre de 40 millions d’euros cette année.
Elle a enfin alerté sur les menaces pesant sur la création audiovisuelle française. «L'audiovisuel public est aujourd'hui le poumon économique de l'exception culturelle», a-t-elle répliqué, mettant en garde contre la baisse des investissements. «Entre 2015 et 2025, les concours publics ont légèrement diminué, alors même que l'inflation progressait de plus de 20 %», a précisé Delphine Ernotte-Cunci, avant de réitérer un peu plus tard sa pensée sur les chaînes concurrentes : «CNews est une chaîne d'opinion, LCI, BFMTV et France Info sont des chaînes d'information.»



















