
La pilule a du mal à passer. L’arrêté du gouvernement, publié mercredi 6 août, réduisant les remises commerciales accordées par les laboratoires aux pharmacies sur les médicaments génériques provoque la colère des pharmaciens. Pour Laurent Filoche, président de l’Union des groupements de pharmaciens d’officine (UDGPO), cette décision est «incompréhensible». En réaction, une grève nationale est annoncée le 16 août, avec des fermetures d’officines également prévues en septembre.
Dans un entretien à nos confrères de France 3 Occitanie, samedi 9 août, Laurent Filoche explique que ce système de remises, qui pouvait atteindre jusqu’à 40%, constituait un revenu vital pour les pharmacies, surtout en l’absence de revalorisation des prestations par l’Etat. «L’arrêté publié la limite désormais à 30%. Cela signifie une perte de 10% sur cette part de revenus génériques pour tout le réseau de pharmacies», déplore-t-il. Selon lui, cette baisse ne permettra pas d’économies pour l’assurance maladie, mais profitera aux laboratoires pharmaceutiques, qui réduisent leurs rémunérations aux pharmaciens sans avantage pour les patients.
«600 à 700 pharmacies» menacées de fermeture
Pour le président de l’UDGPO, cette mesure, imputée à un lobbying intense des laboratoires auprès du ministère de l’Economie, vise à préserver la rentabilité des fabricants menacés de quitter le marché français en raison de baisses répétées des prix des médicaments. Les pharmaciens dénoncent en outre l’absence totale de consultation avant cette décision et alertent sur les conséquences graves : «600 à 700 pharmacies», souvent rurales et fragiles économiquement, «seront contraintes de fermer», mettant en péril l’accès aux soins dans certaines zones, notamment face à la désertification médicale.
Le mouvement de protestation débutera par une grève nationale le 16 août, entraînant la fermeture des officines pendant trois jours. Des actions sont aussi prévues le 18 septembre et tous les samedis à partir du 27 septembre.


















