L’Assurance maladie tire la sonnette d’alarme. En publiant son étude annuelle sur les chiffres-clés du médicament, l’organisme dévoile avoir remboursé 27,2 milliards d’euros en 2024. Il s’agit de médicaments délivrés en pharmacie de ville, et le montant remboursé par assuré atteint les 437 euros. En 2024, un Français a, en moyenne, consommé 41 boîtes de médicaments. Mais ce ne sont pas les chiffres les plus alarmants. Car si de plus en plus de médicaments sont innovants, ils sont dans le même temps plus coûteux.

Un seul médicament à plus de 100 000 euros il y a dix ans

Rela facture grimpe pour l’Assurance maladie alors que la consommation ne inflation sans précédent du coût des traitements par patient». Ainsi, en 2015 un seul médicament dépassait les 100 000 euros de traitement annuel. Dix ans plus tard, ils sont «21 à franchir ce seuil», déplore l’organisme de santé, dont les plus coûteux dépassent désormais 185 000 euros par patient et par an. Pire, deux (le Bylvay et le Myalepta) sont hors de prix : ils couteraient plus d’un million d’euros par patient et par an, en prix "affiché". Le prix payé serait en réalité moindre : les laboratoires Ipsen ont ainsi précisé à Capital que les discussions avec le Comité économique des produits de santé (CEPS) pour fixer le prix final, donnent lieu à des remises pouvant aller jusqu'à 90% du prix de vente dans le cas des maladies rares.

Des remboursements en forte hausse

Mais la facture grimpe pour l’Assurance maladie alors que la consommation de médicaments a certes augmenté, mais seulement de 1,1% par an depuis cinq ans. Toutefois, en 2024, le remboursement des médicaments a augmenté de 7,2%. Et de façon plus globale, le taux de remboursement a progressé en dix ans, passant de 80,7% (2014) à 87,6% (juin 2025). Le calcul est simple : sur dix euros dépensés, l’Assurance maladie en rembourse quasiment neuf. Et une grande majorité des Français en bénéficient. Selon les décomptes de l’organisme, 61,8 millions d’assurés ont été remboursés d’au moins un médicament sur l’année.

De plus en plus de pathologies lourdes et chroniques

Pareil, depuis 2015, la place des traitements destinés aux pathologies lourdes et chroniques est montée en puissance. Parmi les médicaments les plus remboursés, on retrouve sans surprise le paracétamol (430 millions de boîtes pour 42,5 millions d’assurés). Mais eu égard à son coût, ce n’est pas le principal poste de dépense. C’est le cas en revanche des traitements contre les maladies graves ou chroniques, comme l’oncologie. En 2024, les traitements contre le cancer ont représenté 7,1 milliards d’euros de remboursements.

Deux anticancéreux à plus d’un milliard

Deux anticancéreux coûtent particulièrement cher et dépassent le milliard d'euros de remboursement : le Keytruda (2,1 milliards d'euros) et le Darzalex (1,05 milliard d'euros). Les antinéoplasiques (blocage de la prolifération des cellules cancéreuses) sont devenus la première classe thérapeutique remboursée en ville. Il y a dix ans, ils n’étaient qu’au dixième rang. Mais dans le même temps, les analgésiques courants, les traitements de l’hypertension ou les médicaments anticholestérol reculent.