La mobilisation a payé. Après trois journées de grève et de multiples alertes sur la fragilité économique des officines, les pharmaciens ont obtenu, mercredi 24 septembre, un premier recul de l'exécutif. Le décret du 4 août, qui abaissait le plafond des remises accordées par les laboratoires sur les génériques, est suspendu. Initialement fixé à 40 %, le plafond avait déjà été ramené à 30 % en septembre, et devait encore tomber à 20 % en 2027. Une trajectoire jugée intenable par la profession, qui y voyait une menace directe pour son équilibre financier.

Les syndicats n'ont cessé de répéter que cette réforme mettait en danger les petites officines, déjà fragilisées par la hausse des charges et la stagnation des marges. «Nous ne sommes pas contre une réforme profonde du mode de rémunération des pharmaciens. Mais le gouvernement Bayrou a pris les choses dans le mauvais sens», estime Philippe Besset, président de la FSPF, cité par Ouest-France. Reçus par Sébastien Lecornu, les représentants de la profession ont finalement obtenu une victoire symbolique : «suspension partielle, pour une durée minimale de 3 mois, de l’application de l’arrêté», a précisé Matignon dans un communiqué. Le plafond des remises repasse donc à 40 % durant cette période.

De nouvelles missions pour les pharmaciens

Cette trêve doit permettre au gouvernement de lancer une mission d'expertise «afin d'analyser les flux financiers du circuit de distribution du médicament» et «d'éclairer les futures décisions» pour, in fine, préparer une réforme plus globale. En parallèle, l’exécutif met en avant un renforcement du rôle des pharmaciens dans l'offre de soins de proximité. Ces derniers pourront notamment «réaliser des tests d'orientation diagnostique pour les angines ou les cystites», avec prescription d'un traitement si nécessaire. Le gouvernement leur donne aussi la possibilité de «renouveler les ordonnances de contraceptifs oraux jusqu'à six mois après leur expiration» et de «prolonger, jusqu'à trois mois, le renouvellement de traitements chroniques stables comme l'hypertension ou le diabète».