
Un surnom mal digéré. La Bourse de Wall Street utilise depuis plusieurs semaines l'acronyme « TACO » pour qualifier la politique douanière du président des États-Unis. « TACO » signifie ainsi « Trump Always Chickens Out » en anglais, traduit par « Trump se dégonfle toujours ». En effet, ce surnom tire son origine de Robert Armstrong, un éditorialiste du quotidien Financial Times. Celui-ci a utilisé cette expression pour expliquer la tendance observée chez l'imprévisible Donald Trump à faire demi-tour sur ses propres décisions lorsque ces dernières avaient trop d'impacts sur les indices boursiers.
En réponse, mercredi 28 mai, à la Maison-Blanche, Donald Trump a n’a pas caché son irritation. « Je me défile ? C’est mignon, je ne connaissais pas ce terme », a-t-il ironisé, puis défendu sa méthode : « Vous voulez dire parce que j’ai baissé les droits de douane sur la Chine de 145 à 100 %, puis à 30 % ? Ça s’appelle une négociation ». Vexé par la journaliste qui a osé lui ramener ce sujet à ses oreilles, Donald Trump l’a enfin fustigé en qualifiant sa question de « stupide ».
Donald Trump succombe à la loi du marché
Que la théorie soit confirmée ou non, il est tout de même assez clair de voir les changements de directives incessants du président américain depuis le début de son second mandat à la Maison Blanche. Augmenter les taxes douanières en mars, puis décréter une pause quelques jours, pour finalement mettre en vigueur, dès le 1er juin, des droits de douane de 50 % sur les importations venant de l’Union européenne, avant de refaire marche arrière deux jours plus tard et fixer une nouvelle pause jusqu’au 9 juillet. Vous n’y comprenez rien ? Nous non plus.
Avec ces retournements de situation, difficile d’en vouloir aux investisseurs d’utiliser l’acronyme « TACO » pour qualifier la politique de l’actuel président américain. Pour Steve Sosnick d’Interactive Brokers, la stratégie Taco est une « façon non politique pour les marchés de dire que l’administration bluffe ».


















