
Le prix du pétrole va-t-il exploser ? Les trafics vont-ils augmenter substantiellement à la pompe ? Le baril va-t-il dépasser les 200 dollars ? Autant de questions auxquelles il est difficile de répondre pour l’heure, tant la situation au Moyen-Orient est incertaine. Mais il y a des indices qui ne sont pas bons. Ce vendredi soir, le baril de Brent a clôturé à 92,69 dollars (+8% en un jour). Son équivalent américain, le baril de WTI, a terminé à 90,90 dollars (+12%). Au total, les cours du pétrole se sont envolés de près de 30% cette semaine.
Et il y a un secteur qui en souffre particulièrement depuis quelques jours, indique BFM, à savoir l’aviation. Selon les données dévoilées par l’agence de cotation Argus, le carburant d’aviation, plus communément appelé le kérosène, s’échangeait en milieu de semaine à plus de 1 200 dollars. C’est 50% de plus en une semaine, soit avant le début des frappes sur l’Iran. Pire, jeudi, il augmentait à plus de 1 400 dollars la tonne, soit encore 12% d’augmentation. Jamais de tels tarifs n’avaient été atteints depuis près de quatre ans.
Une situation «hors norme»
Comment expliquer une telle hausse, beaucoup plus importante que pour l’essence ? Si 20% du pétrole mondial passe par le détroit d’Ormuz, il y avait au moins 40% du kérosène importé du Golfe qui était passé dans la zone en 2025. A ce jour, au moins quatre pétroliers qui transportent attendent devant le détroit d’Ormuz. Interrogée par le Financial Times, une analyste du marché pétrolier, June Goh, qualifie la situation de «chaos total». «Nous ne nous attendions pas à ce que le prix du kérosène puisse atteindre le double de celui du pétrole brut», a-t-elle ajouté.
Même sur les marchés dérivés, la tension est palpable, indique BFM, la situation est décrite comme «hors norme». Ainsi, pour la première fois depuis 29 mois, e contrat à terme sous-jacent a bondi de 13% et franchi la barre des 1 000 dollars la tonne. A terme, c’est donc une mauvaise nouvelle pour les prix des billets d’avion, car si la situation devait perdurer, les compagnies devraient répercuter ces hausses. Plus globalement, c’est tout le trafic aérien qui est perturbé.
Les retards en ravitaillement sont constatés dans de nombreux aéroports. Parmi les plus touchés, celui de Mascate (Oman), où de nombreux vols affluent et accusent du retard. Selon BFM, des opérateurs choisissent de s’arrêter à Riyad ou au Caire avant de rallier Mascate afin d’arriver à l’heure et ne pas perdre de créneaux de départ par la suite. Si Air France a déclaré avoir encore des réserves, son plan de vol a de nouveau été réduit et une grande partie de ses vols de et vers Dubaï et Riyad est toujours suspendue.
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