C’est une affaire qui fait grand bruit. En plein cœur du IVe arrondissement de la capitale, au croisement des rues Vavin et Bréa, un conflit oppose d’un côté les habitants du quartier, et de l’autre l’enseigne Carrefour City qui s’apprête à ouvrir une nouvelle boutique. Et c’est la pétition, lancée le 5 avril dernier par Bruno Ségré, qui a mis le feu aux poudres. Avec celle-ci, l’ancien journaliste économique qui a passé son enfance dans le quartier n’a qu’un objectif : l’arrêt du projet pour préserver l’âme de son quartier d’enfance, rapporte Actu Paris.

Son initiative prenant peu à peu de l’ampleur, ce sont déjà plus de 3 000 personnes qui ont signé le manifeste, dont plus de 1 600 sur change.org. Si de nombreux signataires sont de parfaits anonymes, plusieurs personnalités publiques ont également joint leur nom à la pétition pour refuser l’ouverture de cette supérette. C’est le cas d’Alain Souchon, de l’ancien ministre de la Justice Jacques Toubon, de l’homme d’affaires Denis Olivennes ou de la journaliste Ruth Elkrief.

Plusieurs personnalités réfutent leur participation à la pétition

«Un sujet de société se joue ici. Notre quartier est en permanence sous la menace de gens qui veulent changer notre écosystème», explique Bruno Ségré quand d’autres signataires, eux, avancent les nuisances sonores que pourrait apporter l’implantation de la supérette dans le quartier.

Sauf que voilà, si le nom de plusieurs personnalités apparaît bel et bien parmi les signataires, plusieurs d’entre elles ont tenu à s’en désolidariser après la publication d’un article dans les colonnes du journal Le Monde qui est parti à la rencontre de Jean-Pierre Lecoq, le maire LR de l’arrondissement. Celui-ci n’a d’ailleurs pas mâché ses mots en évoquant «un visage d’enfants gâtés qui croient que tout leur appartient». Première à s’en désolidariser, Ruth Elkrief a fait savoir sur son compte X ne jamais avoir signé la pétition, mais simplement «répondu dans la rue à l’initiateur [qu’elle] ne connait pas». «Cela n’était en aucun cas un soutien. Je regrette qu’il ait ainsi utilisé mon nom», a écrit la journaliste. Quant à Denis Olivennes, ce dernier, preuves à l’appui, explique avoir signé une pétition «contre la fermeture du magasin de jouets» et non pas contre l’ouverture d’un Carrefour City qui doit prendre sa place.