Le projet d’agrandissement du club des Dauphins du TOEC a-t-il du plomb dans l’aile ? Porté par le club du multiple champion olympique et du monde de natation, Léon Marchand, ce projet devait à l’origine voir le jour en 2027. A l’étroit, le club prévoit une Cité de la natation sur 10 000 m², cinq niveaux avec trois principaux bassins, dont un de 50 mètres au dernier étage, le tout sur l’île du Ramier. Et comme l’avait déjà évoqué Capital, les Dauphins du TOEC pensaient même pour le bassin de 50 mètres du dernier étage à un de ceux présents sur le site des JO de Paris 2024.

Mais comme le dévoile La Dépêche, cette cité fait débat du côté de Toulouse. A quelques jours du dépôt du permis de construire, un candidat de l’opposition dénonce son coût. Selon Richard Mébaoudj, candidat pour «Toulouse à pied et en commun», il déplore un «financement public injuste et démesuré pour un projet privé». Selon les informations de La Dépêche, cette cité coûterait 32 millions d’euros, financée pour moitié par des subventions publiques. Richard Mébaoudj qualifie même ce projet de «bling-bling façon Rotary Club».

Un projet «complémentaire du plan piscines», selon la mairie

Pourquoi est-il si véhément contre ce projet ? Selon l’élu, ces coûts (16 millions d’euros) partagés entre la mairie, l’Etat, le conseil départemental et le conseil régional, soit quatre millions chacun, se font «au détriment des piscines publiques de proximité». Il cite l’exemple de la piscine Nakache «dont le bassin d’hiver est déjà fermé» et plaide enfin pour un «plan d’urgence pour les piscines de quartier», en particulier dans une ville comme Toulouse où l’accès à la baignade serait «un enjeu de santé publique».

Candidat à sa succession, Jean-Luc Moudenc a immédiatement réagi, rappelant avec la municipalité que le projet serait bénéfique pour le grand public et «complémentaire du plan piscines». En outre, des créneaux scolaires devraient être réservés «en contrepartie», tandis que les créneaux actuels des Dauphins du TOEC dans les autres piscines de la ville seraient rendus. Pour rappel, ce projet de Cité de la natation doit comprendre trois bassins, dont un grand de 50 mètres nommé Léon Marchand en l’honneur du champion olympique.

Les deux autres sont un bassin sportif de 25 mètres et un d’apprentissage de 15 x 12 mètres. La mairie rappelle son intention de soutenir le premier club de natation de France qui a formé des champions comme Léon Marchand. En outre, le plan piscine n’est pas abandonné et restera doté de 25 millions d’euros, martèle la mairie. Une réponse qui ne semble pas convaincre le candidat aux prochaines municipales, qui a fustigé une «privatisation du sport avec de l’argent public».