
Le yacht de luxe Bayesian gît depuis neuf mois à 50 m de profondeur en Méditerranée, près des côtes italiennes. Son renflouement imminent pourrait bien lever le voile sur l’un des plus grands mystères de ces derniers mois. En août, ce voilier de 56 mètres sombrait en mer, entraînant la mort de sept personnes dont le propriétaire du yacht, le milliardaire britannique Mike Lynch, 59 ans, pionnier des technologies de cybersécurité. Sa fille Hannah figure également parmi les victimes. Des 22 personnes présentes, seules 15 ont survécu.
La nuit du naufrage, Karsten Borner, capitaine d'un bateau présent sur zone non loin du Bayesian, a photographié le yacht, subjugué par son allure. Mais en «seulement 18 secondes» témoigne-t-il auprès de France 2, le navire a chaviré, emporté par une tempête violente et soudaine. L'hypothèse d'écoutilles restées ouvertes a d'abord été avancée. Mais pour Karsten Borner, c'est tout simplement impossible. Ses photos en attestent : les écoutilles étaient fermées. Son bateau à lui, vieux de 70 ans, a tenu le choc. Le Bayesian, pourtant réputé insubmersible, a été avalé par les eaux en un instant.
L'épave fait l'objet d'une surveillance militaire
Depuis, le naufrage tragique du yacht de Mike Lynch suscite autant de questions que d’émotion. Pourquoi son capitaine, James Cutfield, a-t-il refusé de coopérer avec les enquêteurs ? Et surtout, que transportait réellement le bateau ? Lynch, connu pour sa proximité avec les services de renseignement britanniques, américains et israéliens via sa société DarkTrace, ne se séparait jamais de ses disques durs contenant des données classées sensibles. Etaient-ils à bord du bateau ?
«Ces fichiers intéressent tous les grands services d’espionnage mondiaux», affirme Angelo Tofalo, ex-secrétaire d’État à la Défense en Italie. Des rumeurs évoquent même un intérêt marqué de la Chine et de la Russie pour cette possible cargaison. Depuis août, l’épave fait l’objet d’une surveillance militaire. Son renflouement est désormais une priorité stratégique. Procès en cours contre Hewlett Packard, associé mort dans des circonstances troublantes deux jours avant le naufrage, tensions géopolitiques : les hypothèses et les coïncidences abondent. Accident, sabotage ou opération clandestine, une chose est sûre : le Bayesian n’a pas encore livré tous ses secrets.

















