Faut-il y voir un signe de plus que la France se prépare à toute éventualité dans le cas d’une escalade militaire en Europe ? Comme le rapporte L’Indépendant, du 28 avril au 11 mai, le sous-marin nucléaire d’attaque français Suffren a été pris en chasse en Méditerranée. Il n’était évidemment pas dans le viseur d’autres puissances, mais participait à un exercice grandeur nature, plus précisément la préparation opérationnelle Courco/Squale. C’est ce qu’a confirmé la Marine nationale dans un communiqué publié le 14 mai dernier.

Ce sous-marin, issu du programme Barracuda, construit en 2017 à Cherbourg sur le site de Naval Group, était opposé à une «task force» interalliée. Cette dernière était composée de frégates et d’aéronefs. Selon nos confrères, il y avait plus précisément des hélicoptères NH90 néerlandais, des Caïman des Flottilles 31F et 33F de la Marine française, un SH-60 américain ainsi que des avions de patrouille maritime français Atlantique. Leur but ? Simuler un conflit de haute intensité afin de mettre à l'épreuve les capacités de détection, de coordination et d'engagement des unités participantes.

S’entraîner dans des conditions proches du réel

La Marine explique que, parallèlement, l'exercice Courco était organisé dans le but de «qualifier les futurs commandants de sous-marins». Il s’agit d’ailleurs de la dernière étape de sélection avant d'accéder au commandement d'un sous-marin nucléaire d'attaque. Un tel exercice a permis aux équipages de «s’entraîner dans des conditions proches du réel», peut-on apprendre, avec la mise en œuvre de différentes tactiques. Les officiers de lutte anti-sous-marine sont également jugés sur leur capacité à «planifier et à commander un dispositif de lutte anti-sous-marine complexe, cohérent en force».

Ce genre d’exercice est organisé très régulièrement, mais revêt une importance cruciale aujourd’hui alors que le sujet de la dissuasion nucléaire refait surface face à la menace russe. Dernièrement, des Rafale, dont certains à capacité nucléaire, ont rejoint la Suède afin de réaffirmer la dissuasion stratégique française et renforcer la sécurité européenne.

Il y a quelques jours, le chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), Etienne Marcuz, préconisait un rapprochement avec le Royaume-Uni afin de disposer de deux sous-marins nucléaires dans les eaux européennes. Là encore, le but étant de renforcer, encore plus, la dissuasion nucléaire.