
Les compagnies d’assurance peuvent-elles se frotter les mains ? Alors que les tarifs vont encore augmenter cette année, une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) met en exergue les profits réalisés par les différents organismes, notamment ceux qui commercialisent des contrats de prévoyance santé. En effet, en plus des complémentaires santé, la prévoyance collective peut couvrir de nombreux risques comme le décès, l’invalidité, l’arrêt de travail ou la maladie. Or, si l’on se base sur les chiffres de la Drees portant sur 2023, tous ces organismes ont encaissé 25,4 milliards d’euros de cotisations, rapporte BFM.
Cette somme ne prend pas en compte les contrats d’assurance emprunteurs. Mais sur ces 25,4 milliards, seulement 16,3 milliards ont été reversés aux assurés, soit un gain potentiel de 36%. Selon nos confrères cela veut dire que sur 100 euros cotisés, les assurés n’en revoient que 64. Et cela ne devrait pas s’arrêter, à en croire la Drees, puisque depuis 2011, les cotisations ne cessent de grimper. Ainsi, si l’on s’attarde sur les contrats d’assurance portant sur les dommages corporels (droit au maintien à la rémunération en cas d’arrêt de travail, par exemple), les cotisations ont atteint 16,8 milliards en 2023.
Des retours sur cotisation à géométrie variable
A titre de comparaison, c’est six milliards d’euros de plus qu’en 2011. La progression est encore plus fulgurante pour les complémentaires protégeant contre le risque de décès. Si leur volume reste minoritaire par rapport aux autres, les cotisations ont quasiment doublé en un peu plus de dix ans, passant de 4,9 à 8,5 milliards d’euros. Toutefois, les assureurs ne gagnent pas toute la différence. Sur les 36 euros non reversés aux assurés, ils doivent y retrancher certains frais (marge, réserves financières obligatoires et frais de gestion). Toutefois, l’activité reste rentable par rapport aux complémentaires santé, par exemple, note BFM.
Selon la Drees, si les frais de gestion des sinistres sont plus importants dans les contrats de prévoyance que ceux des complémentaires santé, le retour sur cotisations est plus faible en prévoyance (64%) qu’en complémentaire santé (83%). Idem, les retours sur cotisation diffèrent selon le type d’assurance : 75% pour les instituts de prévoyance, 67% pour les mutuelles, mais seulement 58% pour les entreprises d’assurance et 55% pour le décès.
Moins de réglementations pour la prévoyance
Pourquoi ? Tout simplement parce que les deux activités sont «encadrées par la législation à des degrés très divers». La prévoyance est par exemple bien moins réglementée : «L’obligation de couverture est plus limitée, notamment du fait de son caractère conventionnel», précise la Drees. Par exemple, plus de neuf salariés sur dix du privé, non-cadres, avaient «accès à un contrat de prévoyance par le biais de leur entreprise en 2017», selon la Drees.
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