
Face à la pression exercée par Donald Trump sur l’Union européenne concernant les droits de douane, Christine Lagarde sort du silence. Bien que le président américain ait suspendu lundi les taxes de 50% imposées à l’Europe quelques jours auparavant, et ce au moins jusqu’au 9 juillet, le langage qu’il utilise est qualifié de «terrible» par la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), rapporte Boursorama. Il y a quelques semaines, Donald Trump avait en effet dénoncé la formation du bloc européen pour «nuire» aux Américains.
Il y a quelques jours, il avait réitéré ses propos en assurant qu’il était «très difficile de traiter avec l'UE, qui a été créée en premier lieu pour profiter des États-Unis d'un point de vue commercial». Pour le président américain, les «discussions ne vont nulle part», raison pour laquelle il imposait 50% de droits de douane au Vieux-Continent. Lui rappelant sur la chaîne ARD que les Etats-Unis avaient toujours encouragé la formation de l’UE, l’idée que cette dernière avait pour «intention de réellement porter atteinte aux États-Unis est complètement contre-intuitif».
«On ne peut pas rester les bras croisés», estime Christine Lagarde
Pour Christine Lagarde, «cela va à l'encontre de l'histoire. Et ce n'est certainement pas le but de cette région». Evoquant une nouvelle fois une «provocation» du leader américain, «à laquelle nous nous habituons, malheureusement», Christine Lagarde préfère appeler au dialogue. Même si Donald Trump a mis en pause sa menace de droits de douane, elle lance un message non voilé à Ursula von der Leyen : «On ne peut pas simplement rester les bras croisés et faire semblant.»
La présidente de la BCE enjoint l’UE à «engager le dialogue» avec les Etats-Unis, «travailler» avec l’équipe de Donald Trump et «écouter leurs propositions». «Nous devons faire des propositions et nous devons négocier», ajoute-t-elle. Mi-mai, dans un entretien accordé à La Tribune, Christine Lagarde avait déjà critiqué l’arrivée au pouvoir du président américain, qui avait «rebattu les cartes dans trois secteurs clés : économique, politique et militaire». Elle avait alors lâché : «Le réveil est brutal, mais on peut relever le défi.»



















