
Donald Trump relance la guerre commerciale, et cette fois la menace est prise très au sérieux. Le président américain a annoncé ce dimanche 18 décembre que huit pays européens - dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni – pourraient se voir imposer des surtaxes douanières sur leurs exportations vers les Etats-Unis. Cette décision, en représailles à leur opposition aux velléités américaines de s’emparer du Groenland, a provoqué une vague d’indignation à travers le Vieux Continent.
La surtaxe annoncée sera de 10% dès le 1ᵉʳ février, avec un risque de montée à 25% au 1ᵉʳ juin. Face à cette escalade, Emmanuel Macron a indiqué qu’il demanderait l’activation de l’instrument anti-coercition de l’UE. Interrogée sur le sujet ce lundi sur BFMTV, Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a estimé que l’enjeu dépasse le simple aspect économique. «Avant l'économie, c'est le monde qui peut basculer», a-t-elle déclaré. «Nous avons construit depuis 1945, un monde où le premier principe s’appelle la souveraineté des nation», a-t-elle rappelé, soulignant que le Groenland reste un territoire danois, «tout comme la Nouvelle-Calédonie est un territoire français».
«Economiquement, l’Europe n’est pas faible»
La question centrale, selon elle, est la défense de ces territoires face à toute tentative d’appropriation. Elle a ajouté que la France a répondu aux demandes du Danemark pour renforcer la surveillance et la sécurité du Groenland face aux menaces extérieures, notamment russes et chinoises, qui préoccupent également Donald Trump.
Sur les moyens de riposte économique, la ministre a insisté sur la capacité de l’Union européenne à agir collectivement. «Economiquement, l’Europe n’est pas faible. Nous avons beaucoup d’outils», a-t-elle souligné, citant l’instrument anti-coercition, surnommé «le bazooka» de l’UE. Ce dispositif permet de forcer les pays tiers à résoudre les différends commerciaux par la négociation, en bloquant l’accès aux marchés publics européens ou certains investissements.
«Nous devons nous mettre dans une position où par la résistance, par notre force, par notre crédibilité, nous empêchons cette espèce de guerre commerciale de s’approfondir», a martelé la ministre des Comptes publics.


















