C'est un voyage que les passagers n'oublieront jamais. Lundi 17 février 2025, un avion CRJ900 de Delta Airlines a raté son atterrissage à l'aéroport international de Toronto et s'est retourné sur la piste, un accident d'une extrême rareté. Comme le rapporte CNN, un passager a décrit un «atterrissage violent». «Nous avons touché le sol, et nous étions sur le côté, puis nous étions à l’envers, suspendus comme des chauves-souris.» Un autre témoin a rapporté avoir vu une «boule de feu sortir du côté gauche de l’avion».

Si les circonstances exactes de l'incident restent à élucider, plusieurs experts ont déjà avancé des hypothèses. Xavier Tytelman, ancien pilote et analyste en sécurité aérienne, a livré ses premières conclusions à BFMTV, suggérant une combinaison de facteurs défavorables.

Un atterrissage trop rapide et des conditions météo difficiles

Le premier élément troublant est le taux de descente trop élevé observé sur FlightRadar. Selon Tytelman, l'avion descendait à 1 000 pieds par minute au lieu de 400 pieds par minute, un rythme bien trop rapide. «Quand un avion arrive sur une piste, il doit casser son angle de descente pour réduire sa vitesse. Or, on voit ici qu'il ne l'a pas fait, ce qui a entraîné un impact violent avec le sol», explique-t-il.

De plus, les conditions météorologiques étaient extrêmement défavorables. La piste était partiellement gelée et des vents de travers atteignant 30 km/h ont probablement perturbé l'alignement de l'avion. Lorsqu'un appareil atterrit avec un vent latéral, il doit effectuer une manoeuvre dite de «décrabage» pour corriger sa trajectoire. «Ici, l’avion semble avoir touché la piste avec un angle inapproprié, exerçant une pression excessive sur l'un des trains d'atterrissage, qui a cédé», poursuit l'expert.

Un scénario qui rappelle un précédent accident

Si cet incident paraît spectaculaire, il rappelle un cas similaire survenu en 2022 en Somalie. Lors de cet accident, des vents violents avaient déstabilisé un avion en phase d'atterrissage, provoquant un choc latéral suivi d'un retournement sur la piste. Heureusement, la conception des avions modernes prévoit ce type de scénario : les ailes et la queue se détachent pour protéger le fuselage et limiter les risques d'explosion.

Dans le cas du vol de Delta Airlines, l'équipage a fait preuve d'un sang-froid exemplaire en orchestrant une évacuation rapide des passagers. Les secours sont intervenus en quelques minutes, permettant de limiter le nombre de blessés graves. Trois passagers sont actuellement hospitalisés dans un état critique, mais leur pronostic vital ne serait pas engagé.

Quelles conséquences pour la sécurité aérienne ?

L'enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada devra déterminer si des défaillances techniques ou humaines ont aggravé la situation. Les autorités de l'aviation civile canadienne et américaine (FAA) pourraient également renforcer la surveillance des procédures d'atterrissage en conditions hivernales et envisager des recommandations pour minimiser les risques. En attendant, Delta Airlines a annoncé une inspection complète de ses appareils CRJ900, ainsi qu'une assistance aux passagers blessés.