La France continue d’avancer dans l’éolien en mer. En 2022, Emmanuel Macron avait fixé l’objectif d’une cinquantaine de parcs d’ici 2050. Mais aujourd’hui, seuls trois parcs éoliens posés sont en service, à Fécamp, Saint-Brieuc et Saint-Nazaire, selon RTE. Toutefois, cinq autres sont en développement et trois en travaux, sans compter les projets d’éolien flottant. Parmi ceux en développement, il y a les parcs Centre Manche 1 et 2. Et selon les informations des Echos, le lauréat de Centre Manche 2 vient d’être désigné par le gouvernement Bayrou juste avant la démission du Premier ministre.

Et c’est une surprise ! Si jusqu’alors, la plupart des parcs éoliens avaient été confiés à EDF, ce n’est pas l’énergéticien français, ni Engie d’ailleurs, qui se sont vus confier le projet. Le gouvernement a choisi TotalEnergies ainsi que le groupe allemand RWE. Comme le rappellent nos confrères, à ce jour, seuls deux parcs ont été confiés à des étrangers : celui de Saint-Brieuc (en service) à l’Espagnol Iberdrola et ceux de Bretagne Sud 1 et 2 (en développement) à l’énergéticien belge Elicio et à l'Allemand BayWa r.e. Alors, pourquoi ce choix ?

La situation de RWE inquiète

Sur le site de Centre Manche 1, EDF et Maple Power avaient pourtant été choisis. D’après les informations des Echos, les deux projets retenus ont obtenu les mêmes notes, mais TotalEnergies et RWE se sont démarqués, car ils privilégient l’utilisation de turbines fabriquées en Europe quand EDF n’a pas éludé la possibilité d’utiliser des éléments chinois. EDF souhaiterait également freiner des investissements dans l’éolien en mer, peut-on apprendre.

Toutefois, la partie n’est pas encore gagnée, car l’attribution officielle sera décidée une fois que les garanties financières seront versées. Des surprises peuvent-elles avoir lieu ? A en croire Les Echos, lors du projet Bretagne-Sud, Equinor s’était retiré. Peut-on assister à un scénario similaire ? La situation de RWE est scrutée de près, car selon les informations de nos confrères, un projet de licenciement collectif pour motif économique a été lancé en septembre. Il concerne ses équipes dédiées à l'offshore en France.

TotalEnergies prêt à y aller seul ?

Si «aucune décision n’a été prise pour la France», tempère un porte-parole du groupe allemand en France, les vents seraient contraires à cause de nombreux facteurs, allant des coûts de construction à la hausse des taux d’intérêt, en passant par les risques politiques. Et ce, même si RWE vient de gagner avec TotalEnergies ? Le pétrolier français serait prêt à «aller jusqu’au bout», confirme une source aux Echos. A ce stade, ni TotalEnergies, ni RWE, ni la Commission de régulation de l'énergie et le ministère de l'Energie n’ont souhaité commenter, car il s’agit d’«un processus concurrentiel encore en cours». Pour le prochain gouvernement, il faudra enfin régler le cas du parc d’Oléron (1 et 2) où les candidats se sont désistés un à un.