La France consolide sa place de poids lourd européen de l’électricité. En 2025, l’Hexagone a signé une deuxième année consécutive de record en matière d’exportations d’électricité, selon les données publiées ce vendredi 2 janvier par le gestionnaire du réseau RTE. Le solde net exportateur a atteint 92,3 térawattheures (TWh), dépassant le précédent record de 2024, fixé à 89 TWh, rapportent Les Echos. Ces volumes témoignent d’un niveau exceptionnel. A titre de comparaison, cette quantité d’électricité correspond à «plus que la consommation annuelle d’un pays comme la Belgique», souligne Thomas Veyrenc, directeur général économie, stratégie et finances de RTE sur LinkedIn.

Les principaux clients de l’électricité française restent ses voisins. L’Italie figure en tête, avec un solde importateur de 22,6 TWh, à un niveau équivalent à celui du Royaume-Uni. L’Allemagne et la Belgique totalisent ensemble plus de 23 TWh, même si ce chiffre est en léger retrait sur un an. La Suisse, de son côté, a nettement accru ses importations en raison de l’arrêt prolongé d’une centrale nucléaire.

Le nucléaire de retour à plein régime

Les échanges avec l’Espagne se sont, en revanche, normalisés, après un déséquilibre favorable à la France en 2024. Cette performance repose avant tout sur la nette remontée de la production nucléaire. Après les difficultés liées à la corrosion sous contrainte, le parc d’EDF a retrouvé des niveaux proches de ceux observés avant la crise sanitaire. Lors des récents épisodes de froid, la capacité de production nucléaire a même atteint 56 gigawatts, un seuil inédit depuis début 2019.

A l’inverse, la demande intérieure reste contenue. La consommation d’électricité n’a pas retrouvé son niveau d’avant la pandémie et demeure inférieure à celle des années 2010. Les gains d’efficacité énergétique, les effets persistants de la crise et le retard de l’électrification à grande échelle expliquent en partie cette situation, selon Thomas Veyrenc. Le défi principal reste désormais de remplacer davantage les énergies fossiles importées, qui représentent encore près de 60% de l’énergie consommée en France, souligne-t-il.

Au-delà des volumes, les exportations d’électricité ont également été plus lucratives. Grâce à un différentiel de prix favorable avec les pays voisins, la France n’a pas vendu son électricité à bas prix en 2025. Résultat : le solde exportateur en valeur a atteint un niveau record estimé à 5,4 milliards d’euros, contre 5 milliards l’année précédente.