
C'est une lettre comme il nous arrive d'en retrouver au fond de vieux tiroirs oubliés, surgie d'une mémoire épistolaire familiale presque négligemment entretenue : de ces lettres qu'on conserve mais qu'on oublie... jusqu'à ce qu'une main curieuse ne les exhume. Et celle sur laquelle l'Anglais William Westacott a posé la sienne vaut son pesant de livres sterling. Entre 2000 et 4000 plus précisément (2300 à 4500 euros). Pourtant, de prime abord, la missive aux lettres arrondies «trahissant» le jeune âge de sa rédactrice, ressemble à beaucoup d'autres. Sauf que celle-ci a été écrite par une fillette de 10 ans destinée à une vie peu ordinaire.
En parfait état – à peine piquetée de petites taches jaunes, écrite sans la moindre faute ni rature, la lettre datée de 1936 est signée de la main d'Elizabeth... future reine d'Angleterre. Adressée à Beatrice Stillman, la gouvernante du Royal Lodge où vivaient la princesse et sa famille, la missive a été ornée de dessins représentant notamment des chevaux, l'une des passions notoires de la future souveraine. Depuis son lieu de vacances à Praa Sands, Elizabeth adresse à Beatrice Stillman des mots chaleureux («J’espère que les oiseaux vont bien et que les poissons rouges ne sont pas morts. Pourrais-tu donner quelques primevères à Cootie (je veux dire Mlle Coote) et à Mme Wade pour qu’elles puissent en profiter ? Jock se porte très bien et est très heureux ici. Nanny et Joanna t’embrassent. Avec toute mon affection, Elizabeth») et quelques fleurs qui, elles, n'ont pas été conservées.
La vente aura lieu le 27 février
William Westacott, petit-neveu de Beatrice Stillman, a déniché ce trésor il y a deux ans dans une malle en cuir religieusement conservée par son aïeule, et qui contenait également d'autres correspondances prestigieuses avec la famille royale. Sur un petit morceau de papier déchiré à la main, quelques mots de la princesse Margaret pour demander à Beatrice de «prendre soin de [son] maillot de bain», ou encore une photo de famille sur laquelle apparaît le père des deux princesses, le roi George VI.
C'est la maison Hansons Auctioneers à Penshurst, dans le Kent, qui va se charger de la vente de cette lettre. Dans un communiqué de presse, son directeur régional, Justin Matthews, avoue avoir eu «la chair de poule» en la voyant pour la première fois. Selon lui, «ces quelques lignes nous permettent de comprendre tout ce que nous avons découvert par la suite de la défunte reine. Elle y apparaît comme attentive, bienveillante et soucieuse du bien-être d’autrui, tout comme elle l’était dans ses dernières années». La vente aura lieu le 27 février.



















