«Adjugé 10 millions d'euros». C'est le prix auquel l’hôtel particulier neuilléen de Bernard Tapie a été vendu, ce jeudi 26 juin, à l'issue de sa mise aux enchères publiques par le Tribunal judiciaire de Paris, peut-on lire sur le site internet du cabinet d'avocats DGS, chargé de la vente. Un prix supérieur de seulement un million d'euros à la mise à prix, qui était de 9 millions d’euros, soit 17 151 euros le mètre carré pour ce bien de 524,74 mètres carrés. Un montant «assez bas», juge le dirigeant d’un réseau parisien d’immobilier de luxe.

De fait, pour une maison située au 21-23, rue du Bois de Boulogne, à Neuilly-sur-Seine, adresse du bien en question, le prix moyen va jusqu’à 27 000 euros le mètre carré, selon le site d’estimations immobilières Meilleurs Agents. Et il ne s’agit pas ici d’une «simple» maison mais d’un hôtel particulier sur trois niveaux, comprenant pas moins de neuf pièces principales ! S’y ajoutent un sous-sol, «aménagé» s’il-vous-plaît, une cave à vin et un «très grand parking avec ascenseur à voitures». En plus du bâtiment principal, la propriété compte une maison d’invités, dotée de sa propre salle de sport, d’un dressing et d’une terrasse extérieure, ainsi qu’une maison de gardien de deux pièces, avec une mezzanine et un sous-sol communiquant avec l’hôtel particulier. Le tout sis dans «un parc arboré et fleuri».

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Une acquisition à 15 millions en 2012

Les Tapie avaient d’ailleurs acheté l'hôtel particulier beaucoup plus cher il y a 13 ans. Selon un arrêt de la Cour de cassation du 5 avril 2023, la société en nom collectif Dolol, dirigée par Dominique Tapie - veuve de l’ancien président de l’Olympique de Marseille, ex-ministre de la Ville et ancien propriétaire d’Adidas - et son fils Laurent Tapie, avait acquis ce bien immobilier au prix de 15,2 millions d’euros le 1er octobre 2012. Ce, auprès d’un vendeur non moins illustre puisqu’il s’agissait de Lindsay Owen-Jones, ancien PDG de L’Oréal. Un bon connaisseur du dossier évoque, lui, un prix de 16,5 millions d’euros.

En tout cas, la famille Tapie ne verra pas la couleur des 10 millions d'euros tirés de la vente aux enchères du 21-23, rue du Bois de Boulogne à Neuilly. Cette cession contribuera au remboursement de ses dettes fiscales dans le cadre de l’affaire du Crédit lyonnais. Les actions du Consortium de réalisation, chargé de gérer le passif du Crédit lyonnais, ont déjà conduit à la vente de l'hôtel de Cavoye, rue des Saints-Pères à Paris, pour 80 millions d'euros, et de la villa La Mandala à Saint-Tropez, au prix de 81,2 millions. De son côté, le nouvel acquéreur de l'hôtel particulier de Neuilly n'en deviendra définitivement propriétaire qu’après le délai de 10 jours, jusqu'au 7 juillet inclus, laissé pour une possible surenchère, de 10% au moins du prix de la vente. Une surenchère que «toute personne» peut former, précise à Capital maître Vanessa Grynwajc, avocate chez DGS.

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