
Les effets de change de la livre turque et de la roupie indienne par rapport à l'euro pèseront «de manière défavorable sur le résultat net (part du groupe) pour un montant estimé entre 90 et 110 millions d'euros au premier semestre», a précisé ADP dans un communiqué. Le groupe gère des aéroports notamment en partenariat avec le groupe turc TAV et d'autres avec l'indien GMR. En outre, le résultat net qu'ADP doit publier le 30 juillet sera affecté négativement par une «contribution exceptionnelle sur l'impôt sur les sociétés des grandes entreprises pour un montant estimé entre 60 et 70 millions d'euros», selon la même source.
Le manque à gagner qui pourrait aller jusqu'à 180 millions d'euros est à comparer au bénéfice net part du groupe de 347 millions dégagé au premier semestre 2024 par l'entreprise. Celle-ci a néanmoins assuré qu'«à l'exception de la contribution exceptionnelle sur l'impôt sur les sociétés, ces éléments sont sans effet sur la trésorerie du groupe et n'obèrent pas sa capacité à investir ou à distribuer un dividende».
ADP gère 24 infrastructures dans le monde
Le Groupe ADP, qui, outre les grands aéroports parisiens de Charles-de-Gaulle et Orly, gère 24 infrastructures dans le monde, d'Amman à Santiago du Chili, a tout de même confirmé tous ses objectifs financiers pour l'exercice 2025. Parmi ceux-ci: une hausse du trafic passagers à Paris de 2,5% à 4% par rapport à 2024, un excédent brut d'exploitation (Ebitda) courant en hausse de plus de 7% sur un an, et un endettement financier représentant entre 3,5 et 4 fois l'Ebitda courant de 2025.
Pour l'exercice 2024, ADP, qui est contrôlé à 50,6% par l'Etat français, avait dégagé un bénéfice net en repli de 45,8% sur un an à 342 millions d'euros, conséquence d'un effet comptable ponctuel négatif de 330 millions lié à ses activités en Inde, et sur fond d'une forte hausse de la pression fiscale. La taxe sur les infrastructures de transport de longue distance en France, introduite en 2024 et qui s'applique aux grands aéroports et aux concessionnaires d'autoroutes pour financer la décarbonation des transports, avait pesé à hauteur de 131 millions d'euros en 2024 sur les comptes d'ADP, dont la facture fiscale avait augmenté de 55,1% sur un an à 411 millions d'euros.
Recul du dividende proposé aux actionnaires
Cette baisse du bénéfice a fait reculer à 3 euros le dividende proposé aux actionnaires au titre de 2024, contre 3,82 l'année précédente. Interrogé par l'AFP à ce sujet, ADP a répondu que «la décision finale et la forme que prendra l'ajustement de la politique de dividende seront décidées lors d'un prochain conseil d'administration». Le cours de Bourse d'ADP, qui avait atteint des sommets en 2018 à plus de 202 euros à Paris au moment où le gouvernement réfléchissait à une privatisation, avant de la suspendre sine die pendant la crise du Covid-19, a clôturé mardi en hausse de 1,69% à 108,20 euros.


















