
Dimanche 1er février, l’entreprise Capgemini a annoncé avoir décidé de céder sa filiale américaine, Capgemini Government Solutions, au cœur d’un scandale après la découverte d’un contrat la liant avec la police américaine de l’immigration, selon Les Échos. Selon le groupe, la cession aura lieu «immédiatement». La filiale n’est pas majoritaire dans les comptes de l’entreprise géante française, puisqu’elle ne représente que 0,4 % de son chiffre d’affaires en 2025, et moins de 2 % de ses revenus américains.
C’est davantage l’ampleur politique qui inquiète l’entreprise. Des informations relayées par France 2 et l’Observatoire des multinationales ont révélé le lien de la filiale avec la police américaine de l’immigration. Cette dernière est au cœur d’un scandale en raison des arrestations massives et violentes qui ont lieu en ce moment aux États-Unis, une campagne anti-immigration mobilisée par le président Donald Trump. Une mobilisation interne à l’entreprise a mené à cette décision de la direction. Une «satisfaction de voir que les revendications des syndicats et des salariés ont été entendues», affirme Frédéric Boloré, délégué CFDT chez Capgemini.
Apaiser la crise
En marge de cette décision, la direction se serait également engagée à travailler sur une clause de conscience pour les salariés. La décision de la direction de revendre la filiale américaine en cause a été prise après le déroulement d’un conseil d’administration extraordinaire, convoqué ce week-end. Selon l’entreprise, le droit américain ne lui permettait pas de contrôler les opérations de sa filiale suffisamment. Des opérations qui seraient parfois en décalage avec les objectifs du groupe, selon elle.
En parallèle, la direction avait pourtant déclaré que le contrat n’était pas en cours, puisqu’il faisait «l’objet d’un recours». Toutefois, un avenant antérieur à l’accord signé le 18 décembre avec la police de l’immigration, conclu en octobre 2025, fait état d’une prestation à hauteur de 7 millions de dollars. Une situation trouble qui a amené le ministre de l’Économie Roland Lescure à réclamer de la transparence.
















