Après quatorze années à la tête de Balmain, Olivier Rousteing quitte ses fonctions de directeur artistique, a annoncé la maison dans un communiqué ce 5 novembre. Arrivé à seulement 25 ans en 2011, le créateur bordelais est devenu le plus jeune designer non fondateur à diriger une grande maison parisienne depuis Yves Saint-Laurent chez Dior. Comme le souligne le magazine Vogue, son mandat a été l’un des plus longs et les plus marquants de la mode du XXIe siècle. Dès ses débuts, il impose une signature reconnaissable entre toutes, silhouettes structurées, épaules marquées et esthétique glamour, qui redonne à Balmain sa place sur la scène internationale.

Sous sa direction, la maison a connu une ascension fulgurante : son chiffre d’affaires est passé d’environ 30 millions d’euros en 2012 à près de 300 millions l’an dernier, rappelle Vogue. Ses collaborations, notamment avec H&M en 2015, ont provoqué une véritable «Balmainia». Rousteing a aussi su bâtir une communauté mondiale autour de la marque, la «Balmain Army», rassemblant stars et anonymes autour de valeurs de diversité et d’inclusivité. Relayé par le site Fashion Network, Rachid Mohamed Rachid, PDG de Mayhoola et président de Balmain, a salué «un leadership visionnaire qui a redéfini les frontières de la mode» et inspiré «une génération par sa créativité audacieuse et son engagement envers l’inclusion».

Une page se tourne pour la maison Balmain

Le créateur, qui a fêté ses 40 ans en septembre, quitte la maison après avoir transformé son image et son modèle économique. «Je suis profondément fier de tout ce que j’ai accompli et reconnaissant envers mon équipe exceptionnelle chez Balmain», a-t-il déclaré dans un communiqué. «Alors que je me tourne vers l’avenir, je garderai toujours en mémoire ce temps privilégié.» Matteo Sgarbossa, le PDG de Balmain, a rendu hommage à «la contribution et à la passion d’Olivier Rousteing, qui laisseront une empreinte indélébile dans l’histoire de la mode». Son départ ouvre désormais une période d’incertitude pour la maison parisienne, propriété du groupe qatari Mayhoola, qui indique qu'une «nouvelle organisation créative sera annoncée en temps voulu».