Burberry poursuit sa dégringolade. Depuis plus d’un an, le groupe de luxe britannique est plongé dans la crise, plombé par la crise sanitaire et une montée en gamme ratée. Avec des bénéfices en chute libre de 36% en 2023, le directeur général du groupe, Jonathan Akeroyd, avait décidé de démissionner en juillet dernier tout en renonçant à sa prime annuelle. Il était remplacé par Joshua Schulman. Deux mois plus tard, le groupe qui emploie plus de 9 000 personnes dans le monde, annonçait une réduction des coûts pour se relancer.

Mais selon Fashion Network, les efforts entrepris à la suite du plan de relance de ces derniers mois n’ont pas encore porté leurs fruits. Le groupe britannique, qui a publié son exercice annuel décalé, tombe dans le rouge avec une perte nette estimée à 75 millions de livres (89 millions d’euros). Il y a un an, Burberry réalisait pourtant un bénéfice de 270 millions d’euros. Burberry ne veut pas tirer la sonnette d’alarme et estime que les premières mesures d’«urgence» entreprises fin 2024 commencent à avoir des effets avec notamment une «amélioration significative de (ses) ventes au détail».

Un redressement très lent

Le groupe britannique a notamment recentré son activité sur des iconiques de la maison comme le trench-coat. Toutefois, il alerte dans un communiqué sur la situation économique actuelle : «Nous n'en sommes qu'aux prémices de notre redressement et l'environnement macroéconomique actuel est devenu plus incertain compte tenu des évolutions géopolitiques.» Comme l’avait déjà évoqué Capital, en septembre dernier, Burberry avait disparu du FTSE 100 pour être rétrogradée sur le FTSE 250.

Et la situation actuelle n’a pas de quoi rassurer. Face à la chute de la demande en Chine, le groupe britannique comptait se relancer aux Etats-Unis notamment, mais l’annonce des droits de douane de Donald Trump ne plaide pas en faveur du secteur du luxe, bien que le Royaume-Uni et les Etats-Unis aient scellé un accord commercial «total et complet».

60 millions de livres d’économies supplémentaires

Avec 60 millions de livres d’économies supplémentaires à réaliser d’ici 2027, le groupe doit économiser au total 100 millions de livres. «Après un premier semestre difficile, nous avons progressé à un rythme soutenu dans la mise en œuvre de (...) notre plan stratégique», a laissé entendre le directeur général Joshua Schulman dans un communiqué. Mais ces mesures d’économies auront un impact sur quelque 1 700 postes, a-t-il fait savoir, soit environ 18% des effectifs du groupe.