
Une page se tourne pour Robert Clergerie. L’entreprise qui porte son nom a été liquidée au début du mois d’avril et cette fermeture l’a beaucoup ému. Cet ancien grand nom de la chaussure de luxe en France doit désormais dire au revoir à «une affaire» qu’il a mis «40 ans à construire». Interrogé par la radio Ici, l’homme de 91 ans est revenu sur son parcours entrepreneurial qui a débuté en 1978 à Romans-sur-Isère, un trémolo dans la voix et les larmes aux yeux.
À l’époque, il employait plus de 2 000 salariés dans la ville qui rayonnait de par sa présence et celle de deux autres créateurs : Charles Jourdan et Stéphane Kélian. Après la faillite de ses deux concurrents, «ça a été foutu». «Dans les trois cas, il y a eu des groupes financiers (…) mais pas l’attachement pour le produit, pour les gens», regrette-t-il, constatant que «la mode change, les habitudes des clientes aussi». Finalement, les 60 derniers salariés de son entreprise ont perdu leur emploi.
«Ça s’est cassé la figure»
Le temps où Robert Clergerie chaussait Madonna, Marion Cotillard et Michelle Obama s’en est allé. «Petit à petit, ça s’est cassé la figure» et les méthodes de production ont été modifiées, en faisant notamment appel à des matériaux chinois, décevant les clientes les plus fidèles. Finalement, les portes de l’entreprise se sont fermées et son fondateur garde en tête «des moments formidables». «Au moins, je n’ai pas gâché ma vie, je suis allé au bout de mes idées», a-t-il confié à la radio.



















