Le flou règne chez Duralex. Selon les informations de Lettre Valloire, le conseil d’administration de l’entreprise, spécialisée dans la verrerie, a «brutalement» écarté de son poste de directeur général François Marciano. Il a été remplacé, en intérim, par la directrice marketing et commerciale France et international de Duralex, Peggy Sadier. Et ce n’est pas tout pour la famille Marciano qui a vu le fils, Antoine, nommé directeur financier, être aussi mis de côté.

Par ailleurs, «leur accès au site de La Chapelle‑St‑Mesmin a été coupé», explique le communiqué de Duralex, publié lundi 13 avril. Si ce dernier précise que François Marciano «prépare son départ à la retraite, prévu à la fin du mois», le directeur général n’a jamais évoqué sa fin de carrière, d’autant qu’il n’a que 61 ans et parlait même de faire encore au moins deux ans à la tête de la société.

«Des choix financiers jugés hasardeux, voire dangereux», selon les salariés-actionnaires

Mais alors pourquoi cette décision aussi vive ? Les salariés-actionnaires, devenus majoritaires depuis la reprise d’août 2024, dénoncent des «choix financiers jugés hasardeux, voire dangereux», pour l’avenir de Duralex. De son côté, la métropole d'Orléans, qui a soutenu financièrement le projet de reprise en Scop, ne souhaite pas non plus «communiquer sur la situation», explique ICI Orléans. La santé financière de l’entreprise peut aussi expliquer ces départs. Duralex était parvenu, en novembre 2025, à convaincre plus de 20 000 souscripteurs lors d’une levée de fonds participative ambitieuse.

Enthousiasmés par la perspective d’un rendement de 8%, lié à la modernisation de son outil industriel, les investisseurs promettaient de lui avancer 20 millions d’euros. Pourtant, la situation semble bien plus complexe. Douze mois après la reprise, l'excédent brut d'exploitation était négatif de plus de quatre millions d’euros, «sous le poids des coûts énergétiques et logistiques (…) et avait du mal à s’imposer en Asie et en Europe du sud et centrale».

Le chiffre d'affaires en-deçà des attentes

Résultat : Duralex ne parvenait pas à atteindre les 35 millions d'euros de chiffre d'affaires nécessaires pour l'équilibre financier. Ce qui peut aussi s’expliquer par la non-utilisation de trois lignes de production sur cinq. Selon un ancien de la maison, la verrerie ne «produit pas assez en volume» pour rentrer dans ses frais.