Wall Street s’emballe. Le Dow Jones a inscrit un nouveau record historique, portant ses gains à 25% depuis le point bas majeur du 7 avril (en moins de 5 mois, donc), tandis que le S&P 500 a gagné 34% et que le Nasdaq 100 s’est envolé de 42% sur cette relativement courte période ! Une envolée qui peut paraître vraiment très (trop ?) rapide, d’autant que de nombreux risques et vents contraires demeurent sur les perspectives de l’économie américaine, selon les gérants d’actifs et les économistes interrogés par Capital.

Une envolée de la Bourse des Etats-Unis qui semble d’autant plus excessive que le niveau de valorisation des actions américaines est redevenu historiquement élevé, selon de nombreuses jauges du degré de cherté des actions : la valeur de marché rapportée au chiffre d’affaires des sociétés cotées en Bourse (un ratio supérieur à 3, soit le plus haut niveau des 25 dernières années), la capitalisation boursière rapportée aux profits des entreprises, ou encore sa variante, le PER de Shiller (qui tient compte de l’impact du cycle économique), qui est revenu à son sommet (39) de 2001, soit juste avant le krach de la Bourse de 2002 !

Nasdaq, S&P 500, Dow Jones… «En Bourse, la cherté des actions américaines est devenue hors sol !»

«Quand c'est trop, c'est Tropico !», dénonce ainsi James D. Touati (dit le Loup de Zurich), consultant, formateur, trader et président-fondateur de The Nest, interrogé par Capital. Arrêtez les machines : le Dow Jones «vient de claquer la barre des 45 600 points, façon tuning à paillettes, turbo injecté en mode Jackson Hole (la réunion récente des Banques centrales, où la Fed a laissé la porte ouverte à une prochaine baisse des taux, ce qui fait décoller les actions américaines vendredi dernier, NDLR).

Tu veux du spectacle ? Prends ton popcorn, parce qu’ici, Wall Street s’est transformée en série B où les actions montent sans queue ni tête. Le script c’est : pas d’idées ? On balance Jerome Powell (le patron de la Fed, Banque centrale des Etats-Unis) et des hashtags pour occuper le terrain», ironise le consultant. A ce rythme, le Dow Jones grimpe parce que tout le monde décide de se faire une piqûre d’optimisme, «jusqu’au moment où la petite musique de la surévaluation des actions (historique, selon de nombreuses jauges, NDLR) met tout le monde d’accord : les prix des actions ? Hors sol, comme un gratin de pâtes oublié au soleil. Une fête foraine surcotée, sur les actions ?», s’interroge l’expert.

On applaudit Jerome Powell, le patron de la Fed, qui souffle sur les braises (et ravive la hausse de la Bourse), «les robots font leur moonwalk à +1,9% en after, ambiance open-bar à la Fed… Mais attention : sous la mousse, c’est toujours le cocktail moisi : inflation récalcitrante, jobs en carton (les bons chiffres apparents de l’emploi américain ont été en trompe-l'œil, avec des soutiens artificiels, NDLR), guerre commerciale en mode poker menteur… Personne ne sait si Donald Trump ou la Chine va retourner la table», avertit le financier. Bref, bienvenue dans le casino, où les règles changent à chaque tour de table.

Les actions américaines «affichent une surévaluation XXL. Le sommet du Dow Jones ? C’est comme un concours de bluffs glandeurs, à qui achète le plus cher ce qui ne vaut déjà plus rien. Les juniors du trade go full Messi (tout pour la hausse, NDLR), pendant que les vieux briscards lèvent le sourcil : les fondamentaux sont bidon, et les niveaux de valorisation en Bourse sont stratosphériques (même le curé trouve ça trop cher)», ironise le Loup de Zurich. Un tousse, tout le monde crache : «Le moindre éternuement et le VIX (jauge de la volatilité des actions américaines) fait du breakdance… et la consolidation (la correction baissière sur les actions, NDLR) arrive, emballée, pesée», ajoute le consultant.

Que dit l’analyse technique sur les perspectives du Dow Jones ? Bientôt «la revanche de la vraie vie» ?

Le krach en Bourse d’avril, c’était l’apéritif. «-10% en 48 heures, traders livides qui tweetent. La surévaluation, ce n’est pas juste un mot dans les briefs du matin, c’est le poison quotidien, infusé dans tous les taux, injecté dans chaque geste politique. Les marchés actions ? Sur le ring, version Rocky IV, personne ne sonne la cloche, et à chaque excès d’optimisme, c’est une droite qui peut t’éteindre ton portefeuille d’actions», avertit le Loup de Zurich.

Du point de vue de l’analyse technique (analyse graphique et mathématique de l’évolution des cours de Bourse, qui permet d’élaborer des scénarios sur la trajectoire probable d’une action), on a cassé les bandes de Bollinger (jauge de la volatilité des cours, outil important de l’analyse technique, voir vidéo ci-dessus), ce qui signifie qu’un retour vers la ligne de base devrait être potentiellement atteinte dans les heures ou les deux à trois jours à venir, juge le Loup de Zurich, qui a pour objectifs 45 260 points, 44 940 points, puis 44 500 points sur le Dow Jones.

Les lecteurs de Momentum, la lettre Bourse de Capital, ont pu acheter les actions américaines dans le creux de la vague, en avril dernier

Dow Jones surévalué, marché actions «shooté à la croyance et suspense digne d’un Stallone sous cortisone : si tu crois que la prudence s’achète en solde chez un courtier low cost, tu vas vite comprendre que la vraie victoire, c’est de survivre aux excès d’espoir», met en garde le Loup de Zurich. Le reste ? Juste du bruit de fond pour flatter la galerie. Alors «on sort les achats de puts (on initie des paris baissiers, vendeurs sur les actions américaines, NDLR) ?», invite le Loup de Zurich, qui est pour sa part baissier sur tous les indices actions américains, pas seulement sur le Dow Jones, car «trop, c’est trop !», résume l’expert, pour qui la fête sur les actions américaines est proche de sa fin.

Les lecteurs de Momentum, la lettre d’investissement premium quotidienne de Capital sur la Bourse, ont pu acheter des actions américaines (Dow Jones, Nasdaq, S&P 500) quasiment au plus bas, cette année, à l’occasion du creux d’avril dernier. Et ce, après avoir vendu les actions américaines à d’excellents timings (à proximité du sommet des derniers trimestres) et juste avant un plongeon marqué sur les actions américaines. Et depuis avril, nos lecteurs ont pu profiter de plusieurs phases de hausse sur les actions américaines. Notre sélection d’actions en Bourse a grimpé bien plus vite que le CAC 40 depuis avril dernier, et a plus généralement surperformé l’indice actions phare de la Bourse de Paris ces dernières années. En optant pour un abonnement d’un an, 5 mois sont offerts. Pour en profiter, il suffit de cliquer sur le lien ci-après.