
La Bourse de Paris évoluait en baisse ce vendredi 13 juin, refroidie par le regain de tensions géopolitiques au Moyen-Orient après qu'Israël a attaqué des infrastructures nucléaires et militaires iraniennes, Téhéran ripostant en lançant des drones. «L'or s'approche de ses plus hauts historiques, les actions fléchissent, le dollar repart à la hausse: les événements des dernières heures provoquent un net mouvement de retrait des actifs jugés risqués», comme les actions, commente Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets.
L'indice vedette de la Bourse de Paris, le CAC 40, reculait de 0,92% (-71,31 points) à 7 693,16 points vers 9h45. Sur le marché des changes, le billet vert prenait de la hauteur face à l'euro, gagnant 0,36% à 1,1542 euro pour un dollar. L'once d'or (31,1 grammes) bondissait de 0,96% à 3,418 dollars. Après s'être envolé de plus de 12% dans la nuit, vers 9h55 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain bondissait de 5,36% à 71,69 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord grimpait quant à lui à 73,08 dollars (+5,36% également).
La Bourse attentive aux représailles de l'Iran
«Ce ne sont pas seulement les perspectives des exportations iraniennes qui sont préoccupantes, mais aussi le risque de perturbation du transport maritime dans le détroit d'Ormuz, dans le golfe Persique, une voie essentielle pour environ 20% des flux mondiaux de pétrole», souligne Derren Nathan, responsable de la recherche sur les actions de Hargreaves Lansdown.
Par ailleurs, sur l'indice vedette parisien, seul TotalEnergies, valeur phare du secteur pétrolier, avançait franchement, de 2,05% à 55,84 euros. L'énergéticien Engie gagnait 0,40% à 19,72 euros et Thalès, pour la défense, gagnait 0,60% à 251,10 euros. «L'attention se porte désormais sur la forme qui pourrait prendre les représailles de l'Iran», commente Jim Reid, économiste de Deutsche Bank. Les frappes nocturnes israéliennes, menées par 200 avions contre une centaine de cibles iraniennes, ont touché notamment Téhéran (nord) et l'usine d'enrichissement d'uranium de Natanz (centre). Trois sites militaires dans le Nord-Ouest ont également été la cible des frappes, d'après la télévision iranienne.
Au moins deux dirigeants des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime, ont été tués dont son chef, le général Hossein Salami, et le général Gholam Ali Rachid, selon les médias locaux. Le chef d'État-major iranien, le général Mohammed Bagheri, a également été tué, selon la télévision d'État. La diplomatie iranienne a affirmé avoir le «droit légitime» de répondre à l'attaque, tandis que le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a promis à Israël un sort «amer et douloureux».
Air France-KLM chute en Bourse
A Paris, à l'instar d'autres entreprises du secteur aérien freinées par la géopolitique, Air France-KLM était en forte baisse. Son action lâchait 3,58% à 8,34 euros. Le groupe à par ailleurs a annoncé la suspension de ses vols entre Paris et Tel-Aviv.















