La situation au Moyen-Orient va-t-elle avoir un impact sur la production de pétrole ? Tôt ce vendredi 13 juin, Israël a mené une «frappe préventive» contre l’Iran, rapporte BFMTV, en visant notamment des «dizaines» de cibles nucléaires et militaires, a confirmé le ministre de la Défense israélien. Au cours de ces attaques, plusieurs hauts responsables iraniens ont été tués ainsi que des experts nucléaires. Dans la foulée, l’Iran a riposté en envoyant une centaine de drones. Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou s’est félicité de ces attaques, selon lui «couronnées de succès».

Une situation tendue qui a des conséquences également sur le marché du pétrole, puisque l’Iran est un des dix plus gros producteurs au monde. Ce vendredi, sur les marchés asiatiques, les cours ont bondi de plus de 12% selon nos confrères. Vers 2h40 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain bondissait de 12,02% à 76,22 dollars, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord s'envolait de 11,68% à 77,46 dollars. Les cours baissaient quelques heures plus tard, mais se situaient encore aux alentours de 8h GMT, le cours du baril de Brent était toujours en forte hausse de 4,65% à un peu plus de 74 dollars.

Une potentielle réplique de Téhéran déterminera l’avenir

Toutefois, selon les spécialistes, la situation devrait évoluer dans les heures à venir en fonction de la réponse de Téhéran. «La réévaluation des primes de risque géopolitique ne fait que commencer (...) Si l'Iran se retient, on pourrait avoir un soupir de soulagement des marchés», indique à BFM Business Stephen Innes, de SPI Asset Management. En revanche, «une forte réplique de Téhéran contre Israël pourrait redéfinir les scénarios macroéconomiques pour le reste de l'année», ajoute-t-il, craignant un emballement de la situation qui aurait «des implications mondiales».

Aujourd’hui, le plus grand risque serait une fermeture du détroit d’Ormuz, un «cauchemar», décrivait même Arne Lohmann Rasmussen, de Global Risk Management. A tel point que si l’Iran venait à bloquer l’accès à ce passage clé, «cela pourrait affecter jusqu'à 20% des flux pétroliers mondiaux». Les spécialistes évoquent déjà le «retour d’un environnement d'incertitude géopolitique accru». Ces derniers jours, le marché pétrolier avait déjà été échaudé par les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran. Donald Trump a d’ailleurs avoué avoir été prévenu à l'avance des frappes israéliennes sur l'Iran.