Le pétrole est particulièrement volatil, ce printemps. Les annonces successives des mois d’avril et de mai 2025 faites par l’OPEP+ (L’organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, dont la Russie) d'accroître leur production ont eu pour effet de faire baisser le prix du baril de pétrole de 75 dollars (moyenne depuis le début de l’année) à 60 dollars (un plus bas en quatre ans). «Cette augmentation de l’offre, beaucoup plus forte que prévue (un million de barils de pétrole par jour de plus qu’au mois de mars) et très concentrée dans le temps (en seulement deux mois), dans un environnement économique incertain (guerre des tarifs) et géopolitique tendu (Russie Ukraine), ne devait pas nous surprendre», relève Alain Corbani, responsable matières premières chez Montbleu Finance et gérant du fonds Global Gold and Precious, sollicité par Capital.

En effet, l’Arabie Saoudite avait déjà appliqué cette stratégie en mars 2020. Elle s’était lancée à l’époque dans une guerre des prix en pleine pandémie et alors que la demande s'effondrait. «Le prix du baril avait un instant coté en territoire négatif. Cette stratégie, l’OPEP l’avait aussi appliquée en 1997 (crise économique asiatique) et 2008 (grande crise financière) dans l’objectif de regagner des parts de marché», rapporte le gérant.

Les tensions entre l’Iran et Israël sont extrêmes, mais le pétrole iranien pourrait à nouveau être autorisé à l’exportation

Avant les frappes israéliennes du 13 juin 2025 en Iran, il était devenu raisonnable de penser que le prix du baril de pétrole «allait se stabiliser autour des 60 dollars (à ces niveaux, la concurrence américaine et guyanaise se serait vue obligée de revoir à la baisse ses investissements et donc son profil de croissance) voire plus bas, le temps de regagner les parts de marché perdues», fait valoir l’expert. Le vendredi 13 juin, le prix du Brent s’envolait et touchait en séance 78 dollars le baril. Depuis, il évolue aux alentours de 73 dollars.

Cependant, Donald Trump a promis à ses électeurs un pétrole moins cher (à 73 dollars, nous sommes proches des niveaux de son début de mandat) et les mauvais élèves au sein de l’OPEP+ sont têtus, à l’image du Kazakhstan, de l’Irak ou des Emirats Arabes Unis. «L'OPEP dispose de cinq millions de barils par jour de capacité de production inutilisée, qui pourraient rapidement revenir sur le marché. Enfin, rappelons-nous que 2 000 km et trois pays séparent les deux belligérants. Si les tensions sont actuellement extrêmes, qu’elles ne nous aveuglent pas sur la possibilité que le pétrole iranien puisse à nouveau être autorisé à l’exportation dans un cadre de règlement du conflit entre l’Iran et Israël», avertit le gérant.

Un repli des prix du pétrole à moyen terme est le scénario le plus probable

Montbleu Finance juge que la prime actuelle de 20% sur le prix du pétrole est généreuse, qu’une hausse sensible par rapport aux niveaux actuels est peu probable (scénario dans lequel l’Iran cible les pétroliers, les pipelines et les installations énergétiques clés dans toute la région, comme en 2019) et que par conséquent une baisse du cours du pétrole à moyen terme est son scénario favori. «A court terme, les investisseurs voudront, fort logiquement, intégrer une prime de risque plus importante qu’avant les attaques du 13 juin mais elle ne devrait pas excéder les 10-15%, soit une fourchette proche des 65 à 70 dollars le baril», juge Alain Corbani.

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