BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale (SG)... Les actions des banques du CAC 40 ont chuté en début de semaine, dans le sillage du discours du Premier ministre Français Bayrou, qui a annoncé un vote de confiance le 8 septembre à l’Assemblée nationale. A ce stade, l’échec de ce vote est le scénario le plus probable. Les courtiers tablent ainsi sur divers développements négatifs possibles, y compris une dissolution de l'Assemblée nationale et une chute du gouvernement Bayrou.

Cette crise politique a poussé les taux à long terme de la France à la hausse, ce qui reflète une diminution de la valeur des obligations d’Etat détenues par les banques françaises. Des obligations d’Etat qui perdraient davantage de valeur en cas d’abaissement de la note de la France par les agences de notation, qui pourraient sanctionner une incertitude politique et économique accrue, des pressions sur la croissance économique et le report du rééquilibrage des finances publiques, à la dérive depuis trop longtemps.

BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale (SG)... Les banques du CAC 40 chutent après avoir profité de différents moteurs

La crise politique déclenchée François Bayrou est d’autant plus regrettable que jusqu’à récemment, les actions des grandes banques françaises du CAC 40 avaient bénéficié de plusieurs soutiens : «une croissance économique médiocre mais réelle, une progression des prêts accordés aux ménages et aux entreprises et l’absence de mauvaises surprises sur l’évolution du montant des crédits non performants (les prêts dont le remboursement est jugé improbable, NDLR)», relève Stéphane Déo, gestionnaire de portefeuille senior chez Eleva Capital.

L’expert ajoute que les banques françaises sont dans l’ensemble bien capitalisées et distribuent sous forme de dividendes une bonne partie de leurs profits (ce qui, avec les programmes de rachats d’actions, se traduit par une forte rémunération globale pour leurs actionnaires). La bonne santé des actions des banques françaises et européennes ces dernières années s’est traduite par une envolée des ETF (fonds de réplication) dédiés au secteur bancaire européen (à cet égard, découvrez dans l’encart ci-après la nouvelle lettre d’investissement de Capital dédiée à l’achat d’ETF, qui permettent de se constituer un portefeuille financier diversifié et à moindres frais).

Les actions BNP Paribas, Société générale et Crédit agricole sont-elles à acheter en Bourse, ou vaut-il mieux rester prudent ?

Les courtiers se veulent toutefois rassurants sur les perspectives des actions des banques françaises du CAC 40. Goldman Sachs a ainsi une recommandation d’achat sur les actions BNP Paribas, avec un objectif de cours (juste prix estimé, selon l’analyse financière) de presque 99 euros (contre seulement 76 euros, à l’heure où ces lignes sont écrites). BNP Paribas se paie en Bourse moins de 7 fois les profits attendus pour 2026 et seulement un peu plus de 6 fois ceux espérés pour 2027 : des niveaux de valorisation abordables pour un investisseur en actions.

Quant à Société générale, Goldman Sachs vient de porter son objectif de cours (juste prix estimé, selon l’analyse financière) de 53,25 à 62,75 euros, ce qui confère un certain potentiel aux actions de la banque au logo rouge et noir. Citi a de son côté maintenu sa recommandation d'achat sur l’action Société générale et porté son objectif de cours de 60 à 67 euros. Société générale se paie en Bourse un peu plus de 7 fois les profits attendus pour 2026 et seulement un peu plus de 6 fois ceux espérés pour 2027 : des niveaux de valorisation raisonnables. JPMorgan voit ainsi une opportunité d'achat actuellement sur les actions Société générale.

Du côté de Crédit agricole, Oddo BHF a un objectif de cours (juste prix estimé, selon l’analyse financière) de 17,7 euros sur les actions de la banque verte, qui a dévoilé cet été des comptes trimestriels marqués par un résultat opérationnel et un résultat net meilleurs que prévu. Crédit agricole se paie en Bourse un peu moins de 7 fois les profits attendus pour 2026 et un peu plus de 6 fois ceux espérés pour 2027, ce qui est attractif. Et le rendement des dividendes ressort à 7%.

JPMorgan avertit toutefois qu’en cas de nouveau dérapage sur les finances publiques de la France, les banques pourraient être davantage taxées, avec un impact à la clé sur leurs profits. Et alors que la France représente entre 25% à 40% des revenus de Société générale, de Crédit agricole et de BNP Paribas, des pressions sur l'économie française devraient affecter les comptes des banques du CAC 40. Enfin, même si l’exposition des banques françaises aux obligations d’Etat est très diversifiée, les actions Société générale, Crédit agricole et BNP Paribas pourraient souffrir d’une éventuelle envolée marquée des taux à long terme de la France si la crise politique devait s’aggraver.

Ainsi, même si les actions Société générale, Crédit agricole et BNP Paribas paraissent a priori attractives, elles ne sont pas dénuées de risques. Ces dernières années, les lecteurs de Momentum, la lettre d’investissement premium quotidienne de Capital sur la Bourse, ont pu réaliser des gains massifs en Bourse sur les actions Société générale, Crédit agricole et BNP Paribas, achetées et revendues à plusieurs reprises à de bons timings. Découvrez chaque jour dans Momentum notre analyse technique et financière des actions en Bourse et du CAC 40. En optant pour un abonnement annuel, 5 mois sont offerts. Pour en profiter, il suffit de cliquer sur le lien ci-après.